Un IMC bas et un pourcentage de masse grasse élevé sont associés de manière indépendante à une augmentation de la mortalité

11/05/2016 Par Pr Philippe Chanson

Plusieurs études de cohortes de populations ont rapporté qu’un excès d’adiposité, en général évalué par l’indice de masse corporelle (IMC), était associé à une augmentation du risque de décès quelle qu’en soit la cause. Toutefois, les données sont discordantes et une méta-analyse récente a montré que le fait d’être en surpoids (IMC de 25 à 29.9 kg/m2) était associé à une diminution de la mortalité et qu’une obésité faible (IMC de 30 à 34.5) avait un risque de mortalité équivalent à celui de sujets de poids normal (IMC de 18.5 à 24.9 kg/m2). Cependant, ces études étaient toutes limitées car elles ne mesuraient pas réellement l’adiposité. C’est ce qu’apporte une nouvelle étude d’observation qui a examiné de manière dissociée l’association entre l’IMC ou le pourcentage de masse grasse et la mortalité. Les adultes âgés de plus de 40 ans avaient une étude en DEXA pour un registre de l’étude concernant la densité minérale osseuse clinique et ont été suivis à partir de bases de données administratives ; au cours de cette absorptiométrie, il était possible de calculer le pourcentage de masse grasse. La cohorte finale a inclus 49 476 femmes (âge moyen 63.5 ans, IMC moyen 27 kg/m2, pourcentage de masse grasse moyen 32.1 %) et 4 944 hommes (âge moyen 65.5 ans, IMC moyen 27.4 kg/m2, pourcentage de masse grasse moyen 29.5 %). Des décès sont survenus chez 4 965 femmes sur une médiane de suivi de 6.7 années et chez 984 hommes sur une médiane de 4.5 années. En modèle de mortalité ajustée, comportant à la fois l’IMC et le pourcentage de masse grasse, un IMC bas (hazard ratio = 1.44 ; IC 95 % = 1.3-1.59 pour le premier quintile et 1.12 ; 1.02-1.23, pour le second quintile) et un pourcentage élevé de masse grasse (HR = 1.19 ; 1.08-1.32 pour le cinquième quintile) étaient associés à une mortalité supérieure chez les femmes. Chez les hommes, un IMC inférieur (HR = 1.45 ; 1.17-1.79 pour le premier quintile) et un pourcentage de masse grasse supérieur (HR = 1.59 ; 1.28-1.96 pour le cinquième quintile) étaient associés à une augmentation de la mortalité. En conclusion, un IMC bas et un pourcentage de masse grasse élevé sont associés de manière indépendante à une augmentation de la mortalité. Ces données pourraient expliquer la relation plutôt contre-intuitive entre l’IMC et la mortalité.

 
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