Les enfants nés de couples ayant eu un traitement de l’infertilité ont-ils un risque accru de cancer ?

24/12/2019 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
Le nombre d’enfants nés après traitement de l’infertilité augmente partout dans le monde. Les effets de ce traitement de l’infertilité sur le risque de cancer chez les enfants n’a pas été analysé jusqu’à maintenant et en particulier on ne sait pas si l’utilisation de tel ou tel médicament, de telle ou telle procédure ou de l’infertilité sous-jacente peut avoir un rôle.

Afin d’examiner cette association entre les différents types de traitement de l’infertilité et le risque de cancer chez les enfants nés après ces traitements de l’infertilité, une équipe danoise a analysé une cohorte rétrospective basée sur les registres de population danois et sur la cohorte d’infertilité danoise qui a inclus 1 085 172 enfants nés au Danemark entre janvier 1996 et décembre 2012. Au total, 2 217 enfants ont eu un diagnostic de cancer. Après 12.2 millions de personnes x années de suivi (en moyenne 11.3 années), le taux d’incidence du cancer chez les enfants était de 17.5 pour 100 000 chez les enfants nés de femmes fertiles (n = 910 291) et de 44.4 pour 100 000 enfants nés après transfert d’embryons congelés (n = 3 356). En comparaison des enfants nés de femmes fertiles, l’utilisation de transfert d’embryons congelés était associée à une augmentation du risque de cancer dans l’enfance (14 cas de cancers ; hazard ratio = 2.43 ; IC 95 % = 1.44 à 4.11) ; différence de taux d’incidence = 26.9 (2.8 à 51) pour 100 000, principalement due à une augmentation du risque de leucémie (5 cas de cancers ; taux d’incidence = 14.4 pour 100 000 ; hazard ratio = 2.87 ; 1.19 à 6.93 ; différence de taux d’incidence = 10.1 (-4 à 24.2) pour 100 000 et les tumeurs du système nerveux sympathique. En revanche, il n’y avait pas d’association statistiquement significative avec l’utilisation des autres types de traitement de l’infertilité : utilisation de clomifène, de gonadotrophines, d’analogue de GnRH, d’hCG, de progestérone et d’estrogènes, de FIV, d’ICSI. En conclusion, chez les enfants nés au Danemark de parents ayant bénéficié des différents traitements de l’infertilité, l’utilisation de transferts d’embryons congelés, en comparaison des enfants nés de femmes fertiles, pourrait être associée à une petite augmentation significative du risque de cancer dans l’enfance. Cette association n’est pas trouvée pour les autres types de traitement de la fertilité.

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Marie GILARDI

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