Coronavirus : les patients chroniques prenant de l’hydroxychloroquine ne sont pas protégés

08/07/2020 Par Marielle Ammouche
Infectiologie
Du fait que la chloroquine et l’hydroxychloroquine sont utilisées dans le cadre du traitement de plusieurs maladies chroniques (lupus, polyarthrite rhumatoide…), des chercheurs ont eu l’idée d’analyser l’effet de cette utilisation au long cours sur le risque de survenue d’une infection Covid-19.

  L’étude a été réalisée par Epi-phare, un groupement d’intérêt scientifique réunissant l'Agence du médicament (ANSM) et l'Assurance Maladie, à partir des données de cette dernière (en particulier les remboursements de médicaments) et des dossiers médicaux des hôpitaux (dates d'hospitalisation, diagnostics, actes médicaux et médicaments délivrés...).
Les résultats ne montrent aucune efficacité dans cette indication. Cette étude, conduite sur près de 55 000 patients, « ne suggère pas de rôle préventif de l'utilisation des antipaludéens de synthèse (APS) au long cours  sur le risque de survenue d'une hospitalisation, d'une intubation ou d'un décès liés au Covid-19 », concluent ses auteurs. « Même si la nature observationnelle de l'étude ne permet pas de conclure formellement à l'absence de bénéfice des antipaludéens de synthèse pour la prévention d'une forme sévère de Covid-19, ces résultats ne plaident pas en faveur d'une utilisation préventive de l'hydroxychloroquine dans la population, y compris la population la plus à risque, et ce en dehors d'essais thérapeutiques dédiés », insistent les chercheurs. Ils ont étudié « l'ensemble des personnes ayant reçu au moins six délivrances remboursées d'antipaludéens de synthèse hydroxychloroquine ou chloroquine) entre le 1er janvier 2019 et le 15 février 2020, dont la dernière au cours du dernier trimestre 2019 ou début 2020 ».


Les résultats mettent même en évidence « un sur-risque d'hospitalisation, d'intubation et de décès liés au Covid-19 parmi les patients sous APS au long cours par rapport à la population générale française ». Mais « les analyses réalisées suggèrent que ce sur-risque est expliqué par les caractéristiques liées à la pathologie chronique sous-jacente » de ces patients, « notamment la co médication par corticoïdes oraux, plutôt que par
l'exposition aux APS elle-même ».
    

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