L’hyperaldostéronisme primaire : une cause d’HTA moins rare qu’on ne pense

27/07/2020 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
L'hyperaldostéronisme primaire (HAP) est une cause d'hypertension artérielle secondaire et de pathologie cardiovasculaire dont la prévalence est appréciée de manière variable en fonction du contexte dans lequel elle est recherchée et des critères utilisés pour la définir.

Afin de caractériser la prévalence de l’excès de production d'aldostérone, indépendante de la rénine et non freinable par une charge en sel, ainsi que l'HAP biochimiquement patent  (aldostéronurie >12 µg/24h), une étude transversale a été mise en place dans 4 centres médicaux universitaires américains et a porté sur 289 sujets normotendus, 115 patients avec hypertension de stade 1, 203 avec hypertension de stade 2 et 408 avec hypertension résistante. Dans chaque catégorie de pression artérielle, on note un continuum de production d'aldostérone indépendante de la rénine, une plus grande sévérité de la production étant associée à une pression artérielle et à une kaliurèse plus élevées et à une kaliémie plus basse. Les niveaux ajustés moyens d'aldostérone urinaire étaient de 6,5 μg/24 h (IC à 95% = 5,2 à 7,7 μg/24 h) en normotension, 7,3 μg/24 h (5,6 à 8,9 μg/24 h) en hypertension de stade 1, 9,5 μg/24 h (8,2 à 10,8 μg/24 h) dans l'hypertension de stade 2, et 14,6 μg/24 h (12,9 à 16,2 μg/24 h) dans l'hypertension résistante. Les estimations de prévalence ajustées correspondantes pour l'HAP biochimiquement patent étaient de 11,3% (5,9% à 16,8%), 15,7% (8,6% à 22,9%), 21,6% (16,1% à 27,0%) et 22,0 % (17,2% à 26,8%). Le rapport aldostérone/rénine avait une faible sensibilité et une valeur prédictive négative pour détecter l'HAP biochimiquement manifeste. Certes les estimations de la prévalence de l’HAP, dans cette étude, reposent sur des seuils arbitraires et conventionnels, et la population étudiée peut ne pas être totalement représentative de la population générale. Néanmoins, si l’on en croit cette étude, la prévalence de l'HAP est élevée, en tout cas, beaucoup plus qu’on ne le pensait jusque-là. Au-delà de cette définition de l’HAP, il existe un continuum dans la prévalence de l’excès de production d'aldostérone indépendante de la rénine en fonction de la gravité de l'hypertension. Ces résultats redéfinissent le syndrome d'hyperaldostéronisme primaire et suggèrent que son implication est beaucoup plus importante qu’on ne pensait dans la pathogénie de l'HTA essentielle.

Faut-il supprimer les ARS ?

Valérie Briole

Valérie Briole

Non

Quel interlocuteur à la place ? Le préfet ? Il n’a pas connaissance des enjeux de santé publique ni des coûts réels des soins. Le... Lire plus

5 débatteurs en ligne5 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2