L'anesthésiste soupçonné de 24 empoisonnements a tenté de se suicider

05/10/2021
Faits divers / Justice
Interdit d’exercer, le Dr Frédéric Péchier, anesthésiste de Besançon soupçonné de 24 empoisonnements dont neuf mortels, "a tenté de mettre fin à ses jours", ont révélé ses avocats. Selon eux, "son état est critique" et son "pronostic réservé". 
 

Âgé de 49 ans, le Dr Frédéric Péchier, anesthésiste-réanimateur à Besançon (Doubs) a été mis en examen pour un total de 24 empoisonnements de patients entre 2008 et fin 2016, dont neuf sont décédés. Il est notamment soupçonné d'avoir pollué les poches de perfusion de ces patients, âgés de 4 à 80 ans, pour provoquer des arrêts cardiaques puis démontrer ses talents de réanimateur et discréditer des collègues de cliniques de Besançon avec lesquels il était en conflit. Dans l’attente de son jugement, il a été interdit d’exercer.  

Ce mardi 5 octobre, ses avocats ont annoncé que le médecin avait tenté de mettre fin à ses jours. "Il s'est jeté il y a quelques jours d'une fenêtre en hauteur de l'habitation de ses parents, dans la banlieue de Poitiers, où il est placé sous contrôle judiciaire" depuis 2019, a détaillé à l'AFP l'un de ses défenseurs. Il est toujours, à l’heure actuelle, en service de réanimation à l'hôpital de Poitiers où son état était jugé "stationnaire", selon son avocat. 

"Placé sous contrôle judiciaire, il s'est vu interdire sa profession, écarté de la région où il vivait et séparé de sa famille et de ses trois enfants. Au fil du temps et des errements de la procédure, l'espoir l'a abandonné", affirment par ailleurs conjointement, dans un court communiqué, ses trois avocats. "Cela fait trente mois qu'il n'a pas été entendu par la justice", a ajouté à l'AFP l’un deux, selon qui "l'enquête n'a pas beaucoup changé, hormis quelques expertises psychiatriques", contestées par le parquet de Besançon. 

"C'est quelqu'un qui est désespéré... Il a été désigné comme étant le pire des salauds et il y a eu 30 mois de procédure sans qu'il ne se passe rien", a témoigné sa sœur, habitant à Besançon. "Il préférerait aller au procès tout de suite pour qu'on l'écoute".  

[avec AFP]  

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Marie GILARDI

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