Médecins intérimaires : les gynécologues alertent sur "les dangers d'un sevrage brutal"

20/03/2023 Par Aveline Marques
Le Syndicat des gynécologues-obstétriciens de France (Syngof) dénonce, dans un communiqué, "l'impréparation irresponsable" du plafonnement des rémunérations des médecins intérimaires à compter du mois d'avril. L'application de la loi Rist va conduire à une "désertification médicale des maternités", alerte-t-il. 

 

Le ministre de la Santé persiste et signe : à compter du 3 avril, les rémunérations de vacations médicales supérieures au plafond de 1170 euros bruts les 24 heures seront bloquées. Lors d'un point presse organisé vendredi dernier, le ministère a précisé que tout établissement public qui accepterait des tarifs supérieurs ne serait plus "remboursé" par le comptable public, informe Libération.  

D'après le quotidien, François Braun aurait reçu les entreprises de travail temporaire, d’intérim médical et les sociétés de placement de médecins remplaçants, pour contrer des "déviances dans leur communication". "On voit circuler sur les boucles mails de leurs filiales à destination des intérimaires des messages de nature à discréditer les mesures que l’on porte. Ils suggèrent de contourner la loi ou de ne pas la respecter", rapporte Libération, qui cite un membre du cabinet du ministre. "[Les entreprises] vont devoir comprendre qu’à compter du 3 avril, la loi sera respectée. De même, elles vont devoir mettre fin aux pratiques de surfacturation de frais de déplacement ou de bouche remboursés aux intérimaires." 

La mesure, issue de la loi Rist d'avril 2021, mais qui doit encore faire l'objet d'un décret d'application, met en alerte la communauté médicale, qui redoute les conséquences d'un boycott des intérimaires. Dans un communiqué diffusé ce lundi 20 mars, le Syngof alerte sur les "dangers d'un sevrage brutal". Le syndicat dénonce "l'impréparation irresponsable" de la mesure, jugeant que deux conditions préalables n'ont pas été respectées : une restructuration de l'offre de soins sur le territoire national, passant par le "regroupement des lieux d'accouchement" et la fermeture des petites maternités "artificiellement maintenues par un recours massif à l'intérim en gynécologie obstétrique, anesthésie réanimation et pédiatrie"  ; la restauration de l'attractivité des métiers de la naissance (gynécologues comme sages-femmes), afin de combler les postes vacants. 

"Le 'remède' Rist, appliqué sans discernement et sans préparation, va transformer l’instabilité induite par l’intérim en une désertification médicale des maternités", met en garde le Syngof. 

D'après Libération, le ministre devrait annoncer la prolongation jusqu'au 31 août de la majoration de 50% des gardes de nuit et de week-end pour les médecins hospitaliers. 

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Patrick Tafani

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