Un oligonucléotide antisens pour réduire drastiquement le taux de lipoprotéine A

05/02/2020 Par Pr Philippe Chanson
Cardio-vasculaire HTA Endocrinologie-Métabolisme
Les concentrations de lipoprotéine a [Lp(a)] sont génétiquement déterminées et l’on sait que des concentrations plasmatiques élevées sont associées à un risque supérieur de pathologie cardiovasculaire et de sténose aortique.

La Lp(a) contribue potentiellement aux maladies cardiovasculaires via ses effets pro-athérogènes et pro-inflammatoires et il semble maintenant bien établi que la Lp(a), lorsqu’elle est augmentée, est un facteur de risque génétique indépendant de pathologie cardiovasculaire et de rétrécissement aortique calcifié. En revanche, lorsque les concentrations de Lp(a) sont basses génétiquement, le risque de pathologie cardiovasculaire est diminué. Il n’y a pas de traitement pharmacologique approuvé qui cible de manière spécifique la Lp(a). Des oligonucléotides antisens capables d’inhiber la production de l’apolipoprotéine (a) dans l’hépatocyte (qui est la source d’environ 99 % de la Lp(a) plasmatique) ont été mis au point. Le N Engl J Med rapporte les résultats d’une étude randomisée, en double insu versus placebo impliquant 286 patients ayant une pathologie cardiovasculaire connue et des taux de Lp (a) ≥ 0.6 g/l (150 nmmol/l) qui ont reçu soit de l’oligonucléotide antisens ciblant l’hépatocyte AKCEA-APO(a)-LRX à la dose de 20, 40 ou 60 mg toutes les 4 semaines, 20 mg toutes les 2 semaines ou 20 mg chaque mois, soit du placebo, et cela par voie sous-cutanée pendant 6 à 12 mois. Les taux de lipoprotéine (a) étaient mesurés. Le critère d’évaluation principal était le pourcentage de variation de la Lp(a) par rapport à la valeur basale après 6 mois d’exposition. Les taux de Lp(a) médians, avant traitement, dans les 6 groupes allaient de 204.5 à 246.6 nmol/l. L’administration de l’oligonucléotide antisens APO(a)-LRX a diminué de manière dose-dépendante les taux de Lp(a) avec un pourcentage de diminution moyen de 35 % à la dose de 20 mg toutes les 4 semaines, de 56 % à la dose de 40 mg toutes les 4 semaines, de 58 % à la dose de 20 mg toutes les 2 semaines, de 72 % à la dose de 60 mg toutes les 4 semaines et de 80 % à la dose de 20 mg chaque semaine en comparaison d’une réduction de 6 % sous placebo (toutes les valeurs du p en comparaison avec le placebo sont significatives allant de 0.003 à < 0.001). Il n’y a pas de différence significative entre les différentes doses de l’antisens et le placebo pour ce qui concernait les plaquettes, la fonction hépatique et rénale ou les symptômes pseudo-grippaux. Les effets secondaires les plus fréquents étaient les réactions au niveau du site d’injection. L’oligonucléotide antisens APO(a)-LRX réduit les concentrations de Lp(a) de manière dose-dépendante chez les patients qui ont des concentrations de Lp(a) élevées et une pathologie cardiovasculaire établie. Reste maintenant à voir l’effet de ce traitement sur les événements cardiovasculaires. 

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2