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Idées suicidaires, humiliation, antidépresseurs : cette enquête montre à quel point les étudiants en médecine vont mal

facteurs aggravants, mesurer l’impact du temps de travail réellement effectué en stage, et enfin, estimer la prévalence des maltraitances (violences sexistes et sexuelles) chez les carabins. Il ressort d’abord des résultats, qui paraissent ce mercredi 27 octobre, une aggravation de la prévalence des symptômes anxieux : 75% des interrogés ont ainsi montré, cette année, des symptômes d’anxiété pathologique (+9% par rapport à 2017) et 39% des symptômes de dépression sur les sept derniers jours précédant leur réponse au questionnaire (+12%). Selon les organisations représentatives, plusieurs facteurs expliquent les épisodes dépressifs caractérisés, à commencer par le temps de travail hebdomadaire, mais aussi le harcèlement, les agressions sexuelles ou les difficultés financières.  

Pour la première fois, les externes et les internes ont également été interrogés sur le syndrome d’épuisement professionnel, ou burn out. Et là aussi, le phénomène est massif : 67% des carabins ont estimé en souffrir. Les étudiants de premier cycle, eux, sont 39%.  

 

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Facteurs de risque (rouge) et facteurs protecteurs (bleu) 

 

“Le constat est sans appel : la santé mentale des étudiants en médecine s’est dégradée. La crise sanitaire ne saurait être la seule explication à une telle dégradation”, jugent les syndicats et associations représentatives en conclusion de leur enquête. Car au-delà des chiffres, ce qui se dégage de cette étude, c’est la relation très forte entre la santé psychologique des étudiants en médecine et internes avec leur études et conditions de travail. Pour aller plus loin dans l’état des lieux, une analyse lexicométrique a été réalisée à partir d’une question d’expression libre présente à la fin du questionnaire. Trois grandes catégories de réponses ont immédiatement émergé : les conditions d’études (64,2% des commentaires) à partir de mots clés tels que “étude”, “travail”, “temps”, “métier”, “système”, “devenir”. “Je suis venue pour apprendre à soigner et parfois j’ai la sensation d’avoir appris autant à encaisser la douleur des remarques et des échecs qu’à soigner mes patients”, témoigne par exemple une étudiante de deuxième cycle. Un constat partagé par un interne ayant, lui aussi, participé à l’enquête : “les gardes de 24 heures voire plus sont épuisantes et nuisent clairement et objectivement à notre santé psychique mais aussi physique d’autant que les moyens techniques donnés pour assurer notre travail sont vraiment indignes”, écrit-il.  

 

Un mal-être multi-factoriel 

La deuxième catégorie (26% des commentaires) cible les troubles psychopathologiques conséquents, en mettant en exergue des mots comme “consulter”, “burn out”, “antidépresseur”, “anxieux”, “consommation”, “suicidaire”, “psychiatre”. Sous couvert d’anonymat, un interne a, par exemple, avoué être tombé dans l’alcool et souffrir d’idées suicidaires : "​dépression relativement sévère en début de deuxième cycle à cause d’un stage inadapté pour l’accueil d’étudiant débutant. Charge de travail extrême avec pression des examens, consommation alcoolique quasi quotidienne pendant plusieurs semaines, idées suicidaires, mise sous antidépresseurs jusqu’à la fin du deuxième cycle, prise de 10kg au cours de cette période, dépression et anxiété majeure au début de l’internat [...]”. “J’ai dû consulter ma médecin généraliste plus d’une dizaine de fois après un mois d’idées noires et de pleurs constants toute la journée, et l’impossibilité de réviser. J’ai été mise sous antidépresseurs Venlafaxine pour une durée minimum de 6 mois jusqu’au concours”, confie aussi une externe. La troisième et dernière catégorie concerne les violences sexistes et sexuelles subies et représente 8% des réponses.  

Afin de faire évoluer l’enquête de 2017, les carabins ont, en effet, dû répondre à de nouvelles questions ciblant différents aspects de la santé mentale, qui n’étaient pas présents dans l’enquête de 2017. Ainsi, 23% des futurs médecins ont estimé avoir souffert à cause d’un épisode d’humiliation...

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