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Deux internes gèrent seuls les urgences de l’hôpital de Bourges faute de médecin

Dans la nuit du 7 au 8 octobre dernier, aucun médecin n’était présent pour coordonner les urgences de l’hôpital Jacques Cœur, à Bourges. Des internes ont dû gérer seuls la gestion du service. “Une première historique”, déplore la première adjointe de la Ville.

"100.000 habitants se sont trouvés dépourvus d'un service d'urgence", a déploré Magali Bessard, première adjointe de la ville de Bourges et déléguée à la santé, après le fiasco structurel qui a eu lieu dans la nuit du 7 au 8 octobre à l’hôpital Jacques Coeur.

Ce soir-là, aucun médecin n’est présent dans le service des urgences de l’établissement, ni au SMUR, obligeant deux internes en médecine à prendre les commandes de minuit à 8h30 le lendemain matin pour gérer la bobologie. Les cas graves ont quant à eux été redirigés vers par le 15 vers les urgences de Vierzon et de Saint-Amand-Montrond.

Une situation “jamais vue” qui n’a pourtant pas étonné l’adjointe : “Ça fait des mois, pour ne pas dire des années, que le fonctionnement des urgences de Bourges ne tient qu'à un fil”, a-t-elle expliqué à France Bleu. Aux urgences de l’hôpital Jacques, les deux tiers des postes de médecins sont vacants.

"On est passé d'un système qui devrait relever de l’exceptionnel à un système structurel, installé. C'est devenu la norme !" regrette Magali Bessard, expliquant que le centre hospitalier avait depuis bien trop longtemps recours à des renforts venus de la Réserve sanitaire, des médecins de la base d’Avord ou encore d’intérimaires.

Selon le directeur adjoint de l’hôpital, Florent Verstavel, cette situation est le reflet d’un problème plus vaste : “Sur la région Centre-Val de Loire, il y a 150 postes d'urgentistes vacants”, a-t-il expliqué au Berry républicain. Ce dernier a par ailleurs confié que l’hôpital avait anticipé le problème survenu dans la nuit du 7 au 8 octobre, montant une cellule de crise avec l’ARS. Mais si un médecin de ville et un professionnel de SOS Médecins ont accepté d’assurer les urgences jusqu’à minuit, personne n’avait été trouvé pour assurer la deuxième partie de la nuit.

Face à cette situation qui ne peut plus durer, et aux soignants surmenés, la Ville a interpellé les autorités politiques et sanitaires. "Quand on peut rémunérer des médecins intérimaires à 1.500 euros la garde de 24 heures, on peut salarier des médecins. C'est à l'ARS et au ministère de la Santé de faire le nécessaire pour permettre l'embauche de médecins dans les territoires qui en sont le plus dépourvus", a assuré la première adjointe de la Ville, dont le projet est d’embaucher une dizaine de praticiens.

(avec France Bleu et le Berry républicain)

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