Les événements indésirables graves liés aux soins encore largement sous-déclarés

22/11/2023 Par Marielle Ammouche
Santé publique
En 2022, la Haute Autorité de santé (HAS) a reçu 2 385 déclarations d’événements indésirables graves associés aux soins (EIGS), soit une augmentation de 27% par rapport à l’annéeprécédente. Et « c’est une bonne nouvelle » confirme la HAS, car trop nombreux sont les événements non déclarés.
 

En tout état de cause, ce taux reste « très en deçà du nombre réel d'EIGS survenant en France », et marqué par d’importantes disparités régionales, ajoute l’Autorité sanitaire, qui appelle les professionnels à déclarer et « analyser plus systématiquement ces événements, maillons essentiels de l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins ». Les trois quarts des EIGS sont survenus en établissement de santé, rapporte le 6ème bilan annuel sur ce sujet publié à l’occasion de la semaine de la sécurité des patients 2023 (du 20 au 24 novembre). 56 % ont concerné des patients de plus de 60 ans. Il s’agissait généralement d’un acte thérapeutique (55,5% des cas), d’un acte diagnostique (11,2%), survenant dans une période vulnérable (nuit, week-end, jour férié) dans 39 % des cas, et dans des situations d’urgence dans 52% des cas. Ces événements ont entrainé le décès dans 48% des cas, une mise en jeu du pronostic vital dans 30 %, et un probable déficit fonctionnel permanent dans 22% des cas. Surtout, plus de la moitié (51%) auraient pu être évités, selon la HAS.   Augmentation des erreurs de dose Les EIGS les plus fréquents étaient constitués par les « erreurs liées aux soins ou à l’organisation des soins » : 27 % de tous les EIGS déclarés depuis 2017 et 31,3 % en 2022. Il s’agissait en particulier des défauts et retards de prise en charge. Viennent ensuite les « actions du patient contre lui-même (dont les suicides et tentatives de suicide) » (23,6%) et les « erreurs médicamenteuses et iatrogénies » (11,9%). Au sein de ces dernières, les erreurs de dose constituent un motif d’inquiétude car elles sont en constante augmentation au cours des 6 années de déclarations. Ainsi, sur toute cette période, elles représentent 44 % de l’ensemble des erreurs médicamenteuses. Mais cette proportion s’est accrue au fil des années pour atteindre 58% (sur 143 erreurs médicamenteuses déclarés) en 2022. Pour 73% des EIGS déclarés, les causes immédiates ont été bien identifiées lors des analyses et elles ont conduit, dans 60% des déclarations, à des plans d’actions avec actions correctrices.

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Patrick Tafani

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