CEDH

Covid : la Cour européenne des droits de l’homme valide les restrictions visant les soignants non vaccinés

Dans un arrêt rendu jeudi 29 août, la CEDH rejette la requête de 26 soignants qui considéraient que les mesures imposées par l’Etat de Saint-Marin du fait de leur non-vaccination contre le Covid étaient discriminatoires et constituaient une violation de leur vie privée. 

02/09/2024 Par Aveline Marques
Vaccination
CEDH

C’est la première fois que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) se prononce sur la question de la vaccination des soignants sur le Covid. Et sa décision, rendue jeudi 29 août, ne va pas plaire aux antivax. Dans cet arrêt de chambre, qui n’est pas définitif*, la CEDH considère "à l’unanimité" que les mesures imposées aux professionnels de santé non vaccinés par l’Etat de Saint-Marin étaient justifiées, expose un communiqué.

De nationalité saint-marinaise, italienne ou moldave, les 26 professionnels de santé requérants dénonçaient les mesures prises à leur encontre du fait de leur refus de se vacciner. Conformément à une loi prise en 2021 par ce micro-état de 33 000 habitants enclavé dans la péninsule italienne, les professionnels de santé réfractaires pouvaient être réaffectés à d’autres services, d’autres postes publics ou se voir proposer un travail d’intérêt général indemnisé. La suspension temporaire sans salaire n’intervenait qu’en dernier ressort, en cas d’impossibilité ou de refus des alternatives proposées. 

 

Des mesures proportionnées et justifiées 

Les requérants dénonçaient une violation du principe d’égalité, une discrimination par rapport aux soignants vaccinés qui ont pu bénéficier d’un allègement de certaines mesures de restriction (telles que le port du masque), et d’une ingérence abusive de la puissance publique dans la sphère privée.

Mais, rappelant que les Etats jouissent d’une ample marge d’appréciation en matière de politique de santé, la Cour juge que "les mesures litigieuses étaient proportionnées et justifiées au regard du but légitime poursuivi " : protéger la santé de la population. Elle considère par ailleurs que les pertes subies par les requérants étaient une conséquence inévitable d’un contexte "exceptionnel et imprévisible" de pandémie mondiale. "Les pertes financières n’ont pas été très importantes pour la plupart des personnes concernées et lorsqu’elles l’ont été, celles-ci avaient refusé tout travail sans justifier ce refus ", relève le communiqué.

Constatant que les personnes non vaccinées étaient plus sujettes à l’infection et susceptibles de contaminer et propager le virus, la CEDH a estimé qu’il n’était pas déraisonnable d’alléger les mesures de restriction pour les personnes vaccinées qui présentaient un risque moindre et que cette action ne saurait être considérée comme discriminatoire. 

 

*Dans un délai de trois mois, toute partie peut demander le renvoi devant la Grande chambre de la Cour. 

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MICHEL BANVILLET

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Débatteur Passionné
Chirurgie orthopédique et traumatologie
il y a 2 ans
Un avis basé sur un argument qui ne relève pas de données acquises par la science.. La cour fait preuve d'une idéologie où la fin justifie de mentir, de faire fi du consent, de la notion de bénéfice/risque, pour légitimer la notion d'Untermenschen comme certains tribunaux et scientifiques à partir de 1936 A mettre en parallèle des avis de la cour sur d'autres condamnations des états pour la protection des pensionnaires de nos prisons , du droit à manifester y compris contre ces mêmes valeurs que devraient être les véritables droits des hommes.
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18,5 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 ans
C'est intéressant. Cela signifie donc que la fin justifie les moyens. Tant que le motif est louable, on peut s'assoir sur toutes les libertés publiques, quand bien même le rapport bénéfices/risques de la vaccination était à l'époque totalement discutable. Bravo les droits de l'homme !
 
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