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Généraliste en prison, portrait d'une sœur engagée

Médecin généraliste exerçant depuis 20 ans à la prison de Fleury-Mérogis, le Dr Anne Lécu est aussi membre de l'ordre dominicain. Philosophe, elle vient de publier un ouvrage sur les menaces qui pèsent sur le secret médical, appelant ses confrères à le préserver autant que possible.

Faut-il l'appeler Sœur ou Docteur? "Évidemment Docteur, puisqu'on parle de médecine", répond du tac au tac Anne Lécu. Cette généraliste de 49 ans ne voit d'ailleurs pas pourquoi on lui pose la question. Des religieux qui exercent la médecine en France, "il y en a plein, remarque-t-elle. Mais ils sont discrets." Anne Lécu a pourtant un parcours atypique. Deux mois après avoir soutenu sa thèse de médecine, en octobre 1994, elle est entrée dans l'ordre dominicain. Depuis 20 ans, elle exerce à la prison de Fleury-Merogis (91), tout en écrivant des essais de philosophie. Le dernier en date, publié en octobre 2016, est consacré au secret médical*, héritier du secret de la confession du prêtre.

 

"L'épreuve" du Sida

 

"J'ai voulu faire médecine depuis toute petite. Je ne peux pas expliquer pourquoi: il n'y a pas de médecins dans ma famille", relate-t-elle. Si sa famille est chrétienne, elle n'est pas, non plus, à l'origine de son entrée dans la vie religieuse. "En 3e année de médecine, à Tours, j'ai fait un stage dans un service de maladies infectieuses. C'était au tout début de l'épidémie du Sida, avant la trithérapie. Sur les 20 lits du service, 10 étaient occupés par des personnes de mon âge, en train de mourir du VIH. Ça a complètement modifié notre manière de penser le soin: nous qui étions formés à guérir, il a fallu qu'on apprenne à soigner. Ça m'a aussi beaucoup fait réfléchir sur le plan de la foi." Quelque temps après cette "épreuve", la rencontre avec "la famille dominicaine" lui a laissé entrevoir "un chemin de bonheur possible", explique-t-elle. A deux ans du diplôme, Anne Lécu avait pris sa décision. Mais elle a souhaité attendre d'avoir terminé médecine afin d'être "plus libre". Au cas où.

Concilier médecine et religion, deux mondes qui ont longtemps été liés mais semblent aujourd'hui séparés par des questions sociétales (IVG, PMA, fin de vie…), n'est-il pas difficile? "Au contraire, le souci du Christ, c'est quand même de faire en sorte que les gens qui vont mal aillent mieux", relève...

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