@Anukul Debnath/ Stock.adobe.com
Le médecin et réalisateur Thomas Lilti accusé de pillage et d'exercice illégal de la médecine
D'après Mediapart, le réalisateur d'Hippocrate et de Médecin de campagne aurait pillé "le travail de plusieurs scénaristes" et continué à dispenser des soins malgré sa radiation de l'Ordre en 2012.
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En 2014, Hippocrate cumule près d'un million d'entrées au cinéma et propulse la carrière de réalisateur de Thomas Lilti, médecin généraliste de formation. Mais à qui doit-on vraiment l'histoire de l'interne Benjamin, interprété par Vincent Lacoste, et du FFI algérien Abdel, rôle qui vaudra à Reda Kated un césar du meilleur acteur dans un second rôle ?
D'après Médiapart, qui dit avoir recueilli une vingtaine de témoignages et consulté de nombreux documents (échanges de mails, notes de travail, scénarios, contrats d'auteurs), le scenario emprunte largement à la nouvelle "Les Ors de la République", rédigé par une femme qui n'aurait jamais été rémunérée pour sa contribution. L'autrice aurait également contribué dans l'ombre à l'écriture de Médecin de campagne, film porté par François Cluzet, qui a fait plus de 1.6 million d'entrées en 2016. Une autre femme interrogée par le média d'investigation aurait elle aussi participé à l’écriture du film sans jamais avoir été créditée, ni rémunérée.
L'enquête de Médiapart pointe par ailleurs les conditions de travail difficiles des scénaristes de la saison 2 de la série Hippocrate, diffusée sur Canal+, et les propos dénigrants qu'aurait tenu le réalisateur à l'encontre de plusieurs membres de l'équipe.
Le site révèle enfin que l'ancien généraliste a continué à dispenser des soins et des prescriptions à des connaissances alors que l'Ordre l'a radié du tableau en avril 2012 sous le motif "parti sans laisser d’adresse", se plaçant ainsi en situation d'exercice illégal de la médecine. Il aurait utilisé pour cela l'ordonnancier de son père, gynécologue aujourd'hui décédé.
Sollicité par Egora, Thomas Lilti n'a pas donné suite. Auprès de Médiapart, il se dit victime d'"un groupe de personnes avec lesquelles [il] ne travaille plus, qui a pour objectif assumé de salir [sa] réputation et, ce faisant, de [l]’empêcher de faire une nouvelle saison d’Hippocrate, quitte à multiplier les contrevérités tous azimuts". Il affirme que la contribution de sa principale accusatrice, avec qui un protocole d'accord a été conclu, est "minime" s'agissant d'Hippocrate et "marginale" concernant Médecin de campagne.
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