Un généraliste accro aux opiacés suspendu un an pour avoir rédigé des ordonnances fictives

Accro aux opiacés, un généraliste de 60 ans installé à Eugénie-les-Bains (Landes) se prescrivait des ordonnances fictives ou en éditait pour ses patients en surévaluant le nombre de boîtes pour sa consommation personnelle. Le praticien, déjà condamné en 2013 pour les mêmes faits, a écopé d'une interdiction d'exercer pendant un an et de 18 mois de prison avec sursis probatoire de deux ans.    

12/12/2024 Par Sandy Bonin
Faits divers / Justice

696 boites d'opiacés obtenues pour le seul mois de septembre 2021… Entre 2019 et 2023, un médecin généraliste installé à Eugénie-les-Bains, dans les Landes, se prescrivait des ordonnances fictives ou rajoutait des boites d'opiacés sur les ordonnances de ses patients pour sa consommation personnelle. Le praticien consommait entre 250 et 300 mg par jour. 

C'est un pharmacien qui a donné l'alerte, surpris par la quantité anormalement élevée d'ordonnances d'opiacés éditées par le médecin, a indiqué Sud-Ouest. Lors de l'audience, le praticien a reconnu les faits, les justifiant par des douleurs au dos. Il a admis avoir recouru à l'aide de ses patients pour se fournir les médicaments. 

L'Ordre des médecins, qui s'est porté partie civile, a précisé que le généraliste "est suspendu à titre provisoire depuis de nombreux mois. En tant que médecin, il a une mission d'assistance, d'aide. Là, il a exposé ses patients à ses propres problématiques d'addiction". 

Si le médecin semble être aujourd'hui abstinent, il avait été condamné pour les mêmes faits en 2013. Le parquet a retenu le recours à la complicité de très nombreux patients. Si parmi sa patientèle, nombreux ont souligné que le praticien était "formidable et dévoué", d'autres ont déploré la saleté de son cabinet et le fait qu'il s'endorme parfois lors des consultations.

"C'était un médecin de campagne qui donnait son numéro personnel, venait à la maison de jour comme de nuit et passait tout son temps à travailler. On en trouve plus des comme ça", a souligné l'avocate du praticien, Me Catherine Mattioli-Dumont.

Alors que le parquet avait requis l'interdiction définitive d'exercer, le généraliste a écopé d'une interdiction d'exercer pendant un an et de 18 mois de prison avec sursis probatoire de deux ans.   

[Avec Sudouest.fr

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