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Les internes marseillais se mettent en grève contre la loi de santé

Réuni en assemblée générale, les internes des hôpitaux de Marseille ont voté le lancement d'une grève générale et illimitée le lundi 22 juillet, pour protester contre l'article de la loi de santé qui leur impose d'effectuer un stage ambulatoire dans un désert.

 

Le projet de loi de santé a été définitivement adopté par le Parlement hier après-midi, mais les carabins n'ont pas dit leur dernier mot. Ils protestent contre un article, issu de l'examen en commission mixte paritaire, qui impose aux internes d'effectuer en dernière année un stage ambulatoire en autonomie supervisée, "en priorité" dans les zones sous-denses. Sont concernés les internes en médecine générale et d'autres spécialités "à exercice majoritairement ambulatoire", qui seront listées par décret.

"Cette mesure, en plus d'être démagogique, est doublement contre-productive, fulmine le Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Marseille (SAIHM) dans un communiqué diffusé mardi 16 juillet. Elle pénalisera à la fois l'interne qui ne sera pas formé dans les meilleures conditions par manque d'encadrement et surtout les patients vivant dans ses zones qui n'auront pour la plupart en guise de médecins, que des étudiants en formation."

En effet, faute de maitres de stage universitaire en nombre suffisant*, tous les internes de médecine générale ne sont pas actuellement en mesure d'effectuer leur Saspas (stage ambulatoire en soins primaires en autonomie supervisée) en dernière année comme le prévoit la maquette du DES. La mise en application de cette disposition de la loi de santé à marche forcée suscite légitiment des craintes parmi les premiers concernés, qui ne veulent pas faire les frais "du désengagement de l'Etat" dans ces territoires et de "réformes catastrophiques".

Réuni en assemblée générale à l'appel du SAIHM le 8 juillet, les internes marseillais ont décidé de faire grève à compter du lundi 22 juillet. La date n'avait pas été choisie au hasard : c'est le mardi 23 juillet initialement que le Sénat devait voter la loi de Santé. Le vote a finalement eu lieu hier, mais qu'importe pour les carabins : "Nous exigeons un retrait total de cette mesure contraignante, dégradant la qualité de notre formation et celle de la prise en charge médicale des patients". Reste à savoir si d'autres facultés suivront le mouvement.

 

*Au 1er janvier 2019, il y avait 4076 MSU Saspas d'après les derniers chiffres du CNGE.

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