@vegefox.com - stock.adobe.com
Patients étrangers : en Paca, les médecins peuvent recourir gratuitement à des interprètes dans plus de 200 langues
L’URPS médecins de Provence-Alpes-Côte d’Azur, soutenue financièrement par l’ARS, a mis en place un service d’interprétariat en santé. Il vise à faciliter la prise en charge des patients qui ne parlent pas français.
@vegefox.com - stock.adobe.com
"Mieux communiquer pour mieux soigner." C’est avec ce slogan que l’URPS Médecins libéraux Paca a annoncé, le 15 juin dernier, le lancement de son nouveau dispositif à destination des patients allophones, en l'occurrence "les populations migrantes, les immigrés nouveaux arrivants, les touristes et les personnes de passage".
Grâce à cette solution, l’URPS veut "garantir un égal accès aux soins". Elle rappelle en effet que "la barrière de la langue est un obstacle majeur à l’accès aux soins et au suivi médical".
Accessible 24h/24 et 7j/7, le système d’interprétariat permet aux médecins d’échanger avec des interprètes professionnels dans plus de 200 langues différentes. Ces derniers font partie de l’association ISM Interprétariat, pionnière de l’interprétariat en milieu médical, et conforme au référentiel de la Haute Autorité de santé.
En pratique, le médecin appelle le service d’interprétariat via un numéro dédié. Il communique son code utilisateur, son identité, sa commune d’exercice et sa spécialité. D’après l’URPS, en "moins de deux minutes", la relation est établie avec l’interprète. Le praticien lui explique rapidement le contexte de la consultation et enclenche la fonction "haut-parleur" de son téléphone.
L’objectif de cet outil est d’affiner l’interrogatoire médical, de faciliter le suivi et de mieux comprendre le patient dans son ensemble, en tenant compte du contexte psychologique et social. Pour les médecins, il est essentiel de bien communiquer avec les patients, pour leur permettre "de prendre des décisions et d’exprimer leur consentement libre et éclairé concernant leur diagnostic, les soins proposés ainsi que les traitements prescrits", mentionne le communiqué de presse. Le service est gratuit, sur inscription pour les médecins libéraux de la région.
Le Dr Nicolas Pellegrin, médecin généraliste à Marseille (Bouches-du-Rhône), l'utilise régulièrement. "Je parle directement au patient en laissant des temps de pause pour permettre à l’interprète de traduire, explique-t-il. Sans interprétariat, je sais que j’aurais posé certains diagnostics par sécurité, plutôt que d’aller vers un diagnostic plus personnalisé."
Même constat pour la Dre Maëva Jego-Sablier, généraliste dans la même ville. Pour elle, il est évident que lorsque les patients parlent dans leur langue maternelle, "ils se livrent davantage", ce qui lui permet de "mieux comprendre leur parcours".
"Sans interprétariat, on s’arrête aux symptômes"
Elle indique avoir reçu autrefois une patiente accompagnée d’un proche pour traduire les échanges. Les "consultations restaient très limitées", souligne-t-elle. Lorsque la généraliste, et son interne, ont utilisé la solution pour échanger avec cette même patiente, "nous avons réellement compris sa situation et élargi la prise en charge au-delà du symptôme. Sans interprétariat, on s’arrête aux symptômes. Avec, on accède à l’histoire du patient et on peut mieux adapter les soins. Ce service me fait finalement gagner du temps et permet un réel lien de confiance avec mes patients."
Le 9 juin dernier, une première réunion d’information a été organisée à Marseille, pour présenter le service. "Plus de 140 médecins se sont déjà inscrits" pour l’utiliser, dont une majorité de généralistes (101). D’autres réunions et webinaires auront lieu pour accompagner son déploiement. Un guide est également disponible pour faciliter son utilisation.
Le dispositif a été financé par l'ARS via le fonds d'intervention régional (FIR), destiné à soutenir des expérimentations dans le domaine de la santé. Interrogé sur le sujet, l’URPS indique "ne pas connaître le montant" du dispositif.
La sélection de la rédaction
Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?
Herve Koskas
Non
Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus