1000 IPA formées chaque année : "insuffisant au regard des besoins de la population", alerte leur syndicat
A ce rythme, "la France n'atteindra pas les 10 000-15 000 IPA nécessaires d'ici 2030", alerte l'Union nationale des infirmiers de pratique avancée (Unipa).
Avec 3 973 IPA diplômées et 1 988 étudiantes en formation, la pratique avancée est désormais installée en France. Mais malgré une "croissance rapide" des effectifs depuis 2019, elle reste une "profession de niche", alors que ses missions sont "systémiques : amélioration de l’accès aux soins, prise en charge des maladies chroniques, prévention et coordination des parcours", souligne l'Union nationale des IPA (Unipa) dans son recensement national 2025-2026, publié ce mardi 27 janvier.
Pour le syndicat, "le nombre de professionnels formés demeure insuffisant au regard des besoins de la population". Au rythme de 1 000 diplômées par an, "la France n’atteindra pas les 10 000–15 000 IPA nécessaires d’ici 2030", alerte-t-il.
"Aucun risque de déstabilisation de l'exercice médical"
Et l'Unipa de rassurer les médecins : "À ce niveau d’effectif, il n’existe aucun effet de substitution massif vis-à-vis des médecins. La pratique avancée ne présente aucun risque de déstabilisation de l’exercice médical, contrairement à certains discours corporatistes"…
En cause, selon l'Unipa, une structure de formation "figée autour de cinq mentions" qui "reproduit mécaniquement les mêmes déséquilibres depuis plusieurs années, limitant la capacité du système de soin à s’adapter aux réalités des territoires et aux besoins émergents". Les deux mentions répondant à une logique populationnelle (pathologies chroniques stabilisées, prévention et polypathologies courantes en soins primaires ; psychiatre et santé mentale) concentrent plus des trois quarts des étudiants, tandis que les effectifs des mentions axées sur les pathologies médicales (néphrologie, dialyse et transplantation et transplantation rénale ; oncologie et hématologie) connaissent une lente érosion qui menace, à terme, leur "soutenabilité".
"Les universités, contraintes par les référentiels actuels, peinent à adapter la formation", pointe encore l'Unipa, qui évoque des promotions allant de 1 à 35 étudiants selon les universités et les mentions, parfois "trop réduites pour assurer la pérennité pédagogique et maintenir un enseignement de qualité" et dont le coût académique élevé peut interroger.
L'Unipa appelle ainsi à changer d'échelle et à passer "d’une organisation centrée sur les actes et les maladies à une organisation centrée sur les personnes, les parcours et les besoins réels des territoires". Une approche populationnelle d'ailleurs portée par la loi infirmière de 2025, relève le syndicat.
"L’enjeu n’est plus seulement d’augmenter les volumes, mais de faire évoluer le modèle", insiste le syndicat, sans quoi la pratique avancée "restera sous-dimensionnée face aux besoins du système de santé". "Les professionnels sont mobilisés, les étudiants engagés, les besoins criants. Il revient désormais aux pouvoirs publics d'accroître cette force au service des populations et de l’intérêt général."
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