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Congrès CFA 2017 - Allergies alimentaires : plus fréquentes et plus sévères

Le Congrès francophone d’allergologie (CFA) vient de se dérouler à Paris (25-28 avril 2017). Il est organisé conjointement par la société française d’allergologie (SFA) et l’association nationale de formation continue en allergologie (Anaforcal) avec l’ambition de toucher tous les praticiens intéressés par ce domaine : médecins libéraux et hospitalo-universitaires, omnipraticiens, compétents exclusifs, spécialistes d’organe, ou pédiatres. Le fil rouge de cette édition 2017 a été les allergies alimentaires, qui sont en pleine explosion et dont le traitement pourrait évoluer avec l’essor de l’immunothérapie orale. Le congrès a aussi été marqué par un anniversaire : les 50 ans de la découverte des IgE, qui a constitué le socle de la spécialité.

 

Bien que l’allergie alimentaire ne représente que 7 à 8 % de l’ensemble des allergies (8% des enfants et 3% des adultes), elle constitue néanmoins l’un des domaines les plus sévères en raison du risque d’anaphylaxie. Une autre source d’inquiétudes des experts est l’augmentation de sa prévalence. On assiste actuellement à la deuxième vague des pathologies allergiques qui concerne les allergies alimentaires, après celle des allergies respiratoires qui semble atteindre un plateau actuellement. Plusieurs éléments favorisent cette expansion, en lien avec les modifications de notre environnement et de notre alimentation. "Les causes de l’augmentation des allergies qu’elles soient respiratoires ou alimentaires sont les mêmes, détaille le Pr Jocelyne Just (hôpital Trousseau, Paris), présidente de la Société française d’allergologie (SFA). Il y a une perte de biodiversité. Notre microbiome, constitué par l’ensemble des bactéries de notre organisme évolue en fonction de notre environnement : si on est moins en contact avec les végétaux et les animaux, notre microbiome peut se modifier. L’éducation immunitaire, au lieu de se faire dans le bon sens, celui de la protection, se fait dans un sens pathologique, que ce soit à travers les allergies ou les maladies auto-immunes comme la maladie de Crohn ou le diabète". En particulier, le retard à la diversification alimentaire est "une aberration souligne le la spécialiste. Au contraire, il faut que l’enfant soit exposé par son système immunitaire aux aliments très tôt dans la vie, entre 4 et 6 mois, pour des allergies" insiste-t-elle. L’industrialisation de l’alimentation qui a conduit à une multiplication des allergènes masqués ou non détectés par le consommateur, et à la présence d’additifs, participe aussi au développement des allergies alimentaires. Ainsi que les modifications des techniques agricoles et l’usage des pesticides. On voit apparaitre de nouvelles maladies, notamment avec des réactions croisées entre pollens et aliments. Le Pr Just cite par exemple le cas des allergies aux pollens de bouleau qui ont émergées suite à la plantation massive de ces arbres après la tempête de 1999 en région parisienne, alors que ce type d’allergie était peu fréquent auparavant dans cette région. Avec le réchauffement climatique, la pollinisation au bouleau, qui durait normalement de 3 semaines à 1 mois, à perdurer 2 à 3 mois, entrainant une longue période d’exposition à ces allergènes. Or le bouleau a la particularité de...

Sources : 

Conférence de presse du 12ème Congrès francophone d’allergologie Paris (25-28 avril 2017).

 

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