Image générée par IA

Image générée par IA

Dépistage du cancer de la prostate : PSA, le retour

08/09/2017 Par Dr Alain Trébucq
Cancérologie
Image générée par IA

Image générée par IA

Le dépistage du cancer de la prostate (53 913 nouveaux cas et 8893 décès en 2011 en France métropolitaine selon l’Institut National du Cancer) par dosage annuel du PSA chez tous les hommes âgés de 50 à 75 ans est un sujet de controverses entre partisans convaincus qu’un tel dépistage permet de réduire la mortalité, et opposants considérant que le rapport bénéfice / risque d’un tel screening est défavorable en raison notamment des sur-traitements qu’il induit, avec d’importantes conséquences sur la qualité de vie de patients dont le cancer serait resté latent en l’absence d’intervention thérapeutique.

Cette opposition s’est notamment cristallisée après que deux études aux résultats apparemment discordants ont été publiées il y a quelques années, à savoir la PLCO (Prostate, Lung, Colorectal and Ovarian Cancer Screening Trial) menée aux Etats-Unis et la ERSPC (European Randomized Study of Screening for Prostate Cancer) menée en Europe. L’étude américaine ne montrait pas de bénéfice du screening biologique sur la mortalité quand l’étude européenne mettait en évidence une réduction de la mortalité d’environ 21%. Ce débat connaît une nouvelle avancée puisqu’une étude tout juste publiée dans la revue Annals of Internal Medicine, s’appuyant sur les données des deux études précitées, en arrive à la conclusion que ce screening réduit bel et bien la mortalité imputable au cancer de la prostate. Et cette réduction est loin d’être négligeable puisqu’elle est estimée entre 25 et 31% dans l’étude européenne et entre 27 et 32% dans l’étude américaine. Pourquoi cette nouvelle analyse des résultats de l’étude américaine infirme-t-elle les résultats antérieurs ? Tout simplement en raison d’un biais qui n’avait pas été initialement pris en considération, à savoir que 50% des hommes du groupe contrôle (sans screening) avaient en réalité eu un dosage de PSA antérieurement à la date de leur inclusion dans l’étude, dosage qui avait potentiellement sélectionné un certain nombre de patients à risque soumis en conséquence à un suivi urologique. Le débat autour du PSA n’est sans doute pas clos mais partisans et opposants se retrouveront sans doute autour de positions nouvelles reposant sur les progrès de l’imagerie (IRM) et de la biologie (avec un nouveau marqueur tel que la kallicréine) pour définir de nouvelles procédures permettant de réduire la fréquence des sur-traitements.  

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

Thierry Wattelle

Thierry Wattelle

Non

OUI ou NON ... quelle importance ? Comme souvent, il faut définir précisément ce dont on parle, à savoir "Qu'est ce qu'un médicame... Lire plus

3 débatteurs en ligne3 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

"Le père est une personne à part entière dans la grossesse" : une consultation dédiée encore méconnue par les...
29/07/2026
8
Urgences
Urgences en plein vol ou dans le train : pourquoi des médecins hésitent parfois à répondre à l'appel
13/07/2026
55
Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"
21/07/2026
0
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3