Surdoses aux opiacés : les acteurs du secteur réclament la naloxone intranasale

02/09/2021 Par Marielle Ammouche
Addictologie
A l’occasion de l’Overdose day 2021, Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, qui a lieu le 2 septembre, les acteurs de ce secteur demandent un meilleur accès à la naloxone pour le traitement des patients faisant un surdosage aux opiacés. Rien n’a bougé malgré une mobilisation qui date de deux ans, alors que les besoins des personnes concernées se "sont exacerbés dans le contexte de la pandémie", affirment les associations concernées, dans un communiqué datant du 31 août. En effet, on a observé une hausse de 15% des décès par surdoses au cours de la crise sanitaire.

Les organismes signataires regrettent, en particulier, de ne pouvoir disposer "à court terme" d’une forme de naloxone intranasale en spray, non soumise à prescription médicale, afin qu’elle soit disponible dans les structures spécifiques (CAARUD et CSAPA, etc.). A côté de la forme injectable (Prenoxad), il existe, en effet, une forme en spray nasal (Nalscue) ; mais cette dernière n’est plus disponible en France. Un autre produit du même type, baptisé Nyxoid, doit le remplacer, mais il n'est pas encore commercialisé et doit l'être sous prescription médicale. "Pour qu'elle ait un véritable impact de santé publique, (la naloxone) doit être distribuée en pharmacie sous toutes ses formes (en intramusculaire comme en spray par voie nasale) et disponible dans les trousses de secours des dispositifs d'urgence", plaident ces structures, dont le Fonds Addict'Aide, la Fédération Addiction ou l'hôpital Marmottan. "En cas d'overdose, ce sont les personnes de l'entourage qui sont les premières à intervenir. Les usagers et leurs proches doivent donc avoir un large accès à la naloxone. C'est un point crucial", poursuivent-elles. Les associations souhaitent donc aussi renforcer les circuits de distribution existant via les pharmacies d’officine directement ou par le biais de conventionnements facilités avec les structures spécifiques. Les associations préconisent aussi de nouvelles campagnes de d’informations et de prévention, sur les risques de surdoses liés aux opioïdes mais aussi aux polyconsommations (psychostimulants, crack, alcool…), même si 80% des surdoses sont imputées aux opioïdes. "Il est dommageable que l’accessibilité globale à la naloxone ne soit pas améliorée, que ce soit en termes de formations, de campagnes de prévention ou de mises à disposition."

 
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