FMC : 10 points clésSOMP : une implication hormonale multiple
Le syndrome des ovaires polykystiques a récemment été renommé syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SOMP).
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01Point formation n°1
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), décrit pour la première fois en 1935 par Stein et Leventhal, était défini par l’association d’au moins deux des trois critères suivants : une hyper-androgénie, des troubles du cycle et un aspect multifolliculaire des ovaires à l’échographie. Il s’agit de l’endocrinopathie la plus fréquente chez la femme en âge de procréer (environ 10 % de la population féminine mondiale) et la première cause d’infertilité par dysovulation.
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À l’issue d’une analyse internationale faisant intervenir près de 1 500 personnes (chercheurs, médecins, associations de patientes, etc.), le SOPK a été renommé « syndrome ovarien métabolique polyendocrinien » (SOMP) en mai 2026. Ce changement de dénomination vise à mieux refléter la physiopathologie complexe et les manifestations multi-systémiques de ce syndrome.
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La physiopathologie du SOMP est partiellement comprise. L’hyper-androgénie ovarienne, occupant une place centrale dans le mécanisme de ce syndrome, résulte d’anomalies ovariennes (augmentation de la sécrétion d’androgènes et d’hormone antimüllérienne [AMH]) mais également d’anomalies hypothalamo-hypophysaires, notamment une altération de la pulsatilité de la GnRH, induisant des anomalies de sécrétion de l’hormone lutéinisante. L’hyperinsulinisme et l’insulinorésistance, fréquemment associés, vont influencer et entretenir ces désordres hormonaux.
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Le diagnostic de SOMP repose sur les critères de Rotterdam. Les recommandations récentes rappellent que le diagnostic peut être retenu en présence de deux éléments parmi : une hyperandrogénie clinique (hirsutisme, acné, alopécie androgénique modérée) ou biologique (dosage de la testostérone totale en première intention), des troubles du cycle menstruel (cycles de moins de 21 jours ou de plus de 35 jours) et un aspect échographique multifolliculaire des ovaires (au moins 20 follicules dans au moins un des ovaires ou volume ovarien ≥ 10 ml). Le dosage de l’AMH, fortement corrélé au compte des follicules antraux (CFA), peut désormais être intégré aux critères diagnostiques.
Chez l’adolescente, le diagnostic de SOMP doit être posé avec prudence en raison du risque important de surdiagnostic. En effet, à cette période, les troubles du cycle sont fréquents, en lien avec l’immaturité de l’axe gonadotrope. De même, ni le CFA ni le dosage de l’AMH ne doivent être utilisés à visée diagnostique car ils sont souvent élevés chez les jeunes filles. -
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Le SOMP est un diagnostic d’élimination. Il convient d’éliminer systématiquement les autres causes de troubles du cycle (dysthyroïdie, hyperprolactinémie, autres atteintes de la fonction gonadotrope) ainsi que les autres étiologies d’hyperandrogénie : recherche de signes cliniques d’hypercorticisme et dosage systématique de la 17-hydroxyprogestérone afin d’écarter une hyperplasie congénitale des surrénales de forme non classique.
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Une insulinorésistance est présente chez 50 à 70 % des femmes atteintes d’un SOMP. Il est recommandé de réaliser systématiquement une exploration du métabolisme glucidique, y compris chez les patientes avec un IMC normal. Dans cette situation, l’utilisation de metformine peut être discutée chez les femmes en surpoids ou en obésité, en cas d’échec des mesures hygiéno-diététiques, et en particulier en cas de trouble de fertilité par dysovulation. À long terme, le SOMP est associé à une augmentation du risque d’événements vasculaires artériels. Il constitue ainsi l’un des facteurs de risque cardiovasculaires féminins à prendre en compte tout au long de la vie.
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Le SOMP est associé à un risque d’anxiété et de dépression. Ces risques sont corrélés, notamment, aux troubles de la fertilité et à l’hirsutisme. Les répercussions psychologiques doivent être évaluées régulièrement au cours du suivi.
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08Point formation n°8
Les femmes atteintes de SOMP ont un risque accru de cancer de l’endomètre, avec une augmentation du risque plus marquée avant l’âge de 45 ans. La gestion des troubles du cycle par le déclenchement régulier de règles ou la mise en place d’une contraception hormonale et la prise en charge métabolique en cas de surpoids/obésité permettent de réduire ce risque.
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La prise en charge de l’hyperandrogénie clinique doit être adaptée à la demande de la patiente. En l’absence de contre-indication, la contraception œstroprogestative constitue le traitement de première intention. L’ajout de spironolactone peut être proposé en deuxième intention en cas d’efficacité insuffisante. Cette molécule a récemment obtenu une autorisation de mise sur le marché en France dans l’indication du traitement de l’hirsutisme féminin.
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En cas d’infertilité, un bilan du couple doit être réalisé préalablement à toute prise en charge. Il comprend notamment une évaluation morphologique (échographie pelvienne et imagerie tubaire) ainsi qu’un spermogramme.
Références :
- ESHRE. International Evidence-based Guideline for the assessment and management of polyendocrine metabolic ovarian syndrome (formerly PCOS) 2023.
- Teede H, et al. Polyendocrine metabolic ovarian syndrome, the new name for polycystic ovary syndrome: a multistep global consensus process. The Lancet 2026;407:2329-39.
La Dre Sandrine Pérol déclare ne pas avoir de lien d’intérêts concernant les données de cet article.
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