FMC : 10 points clésRhinite allergique : un diagnostic indispensable

Fréquente et souvent associée à l'asthme.

31/03/2026 Par Dr Mickaël Pouliquen
  1. 01
    Point formation n°1

    La rhinite allergique (RA) est souvent associée à l'asthme (80 % des asthmatiques présentent une RA) et constitue un facteur de mauvais contrôle. La RA perannuelle se manifeste par des symptômes persistants tout au long de l'année et oriente le plus souvent vers une sensibilisation aux pneumallergènes domestiques (acariens, animaux, moisissures). À l'inverse, une symptomatologie intermittente survenant uniquement à certaines saisons définit la RA saisonnière, typiquement liée aux pollens. Tous âges confondus, les principaux allergènes responsables de RA sont, par ordre décroissant : les acariens, les pollens de graminées et l'allergène de chat.

  2. 02

    Une composante héréditaire importante est retrouvée dans l'asthme et les maladies allergiques : la présence de cas similaires dans la famille renforce nettement la probabilité diagnostique. Lorsque les deux parents sont allergiques, le risque pour l'enfant de développer une pathologie allergique atteint environ 70 %.

  3. 03

    La RA est souvent associée à d'autres morbidités, comme la conjonctivite allergique, et est un facteur de risque d'asthme. Un tiers des patients porteurs de RA présentent un asthme associé. En cas de RA persistante, un asthme nécessitant une exploration est présent près de 3 fois sur 4 : un avis spécialisé pneumologique et éventuellement ORL peut être nécessaire.

  4. 04

    Le diagnostic n'est possible que grâce à un interrogatoire minutieux précisant les circonstances de survenue des symptômes. Les principaux sont les éternuements, l'obstruction nasale, le prurit nasal, la rhinorrhée claire, l'hyposmie ou des pesanteurs faciales. Dans ce contexte, on ne retrouve pas d'anosmie, de douleurs fortes ou de cacosmie. Des symptômes généraux non spécifiques (asthénie, troubles du sommeil et baisse de la concentration) doivent être recherchés pour évaluer l'impact de la RA sur la qualité de vie.

  5. 05

    Il est néanmoins nécessaire d'éliminer d'autres diagnostics. La présence d'anosmie franche, de douleurs intenses ou de cacosmie orientent plutôt vers une pathologie ORL non allergique (infection, sinusite, polypose). Les rhinites inflammatoires non allergiques éosinophiliques (Nares) peuvent mimer une RA avec éternuements mais sans mécanisme IgE-médié, et doivent être évoquées en cas d'endoscopie normale et de tests allergologiques négatifs. Enfin, il ne faut pas oublier la rhinite médicamenteuse pouvant être provoquée par certains antihypertenseurs.

  6. 06

    L'évaluation de la sévérité de la maladie est impérative et permet de poser l'indication thérapeutique. Elle repose sur une échelle visuelle analogique (EVA). Une RA est considérée comme sévère en cas d'EVA supérieure à 5 et est considérée comme légère ou contrôlée en cas d'EVA inférieure à 5. La classification Aria permet de distinguer les RA légères et modérées/sévères en tenant compte également des composantes intermittentes ou persistantes. Cette classification a pour but d'orienter la thérapeutique.

  7. 07

    Les allergènes responsables sont identifiés par une enquête sur l'environnement domestique et professionnel. Les tests cutanés allergéniques, ou prick tests, doivent être réalisés en première intention dans tout bilan étiologique de rhinite présumée allergique. Un dosage des IgE spécifiques n'est recommandé que dans les cas suivants : quantifier avec précision la réactivité IgE, discordance entre l'histoire clinique et les pricks tests. La réalisation de tests multialléergéniques type Phadiatop permet de dépister les allergies respiratoires avec une bonne sensibilité et une bonne spécificité. Le dosage de tests multialléergéniques Trophatop n'est pas indiqué dans l'exploration d'une RA.

  8. 08
    Point formation n°8

    Un avis pneumologique est recommandé en cas d'asthme associé. Un avis allergologique est recommandé en cas de polysensibilisation (plusieurs pneumallergènes ou allergie alimentaire associée).

  9. 09

    Le traitement doit associer :
    - l'éviction des allergènes (en particulier acariens et moisissures) et des irritants non spécifiques (tabac et composés organiques volatils) ;
    - en cas de rhinite allergique saisonnière : soit une combinaison de corticostéroïdes intranasaux et d'un antihistaminique oral de deuxième génération, soit des corticostéroïdes intranasaux seuls ;
    - en cas de rhinite allergique perannuelle : les corticostéroïdes intranasaux seuls ou une combinaison d'un corticostéroïde intranasal et d'un antihistaminique intranasal sont recommandés plutôt qu'une combinaison corticostéroïde intranasal et antihistaminique oral de deuxième génération.

  10. 10

    En cas d'échec des traitements, il est recommandé de :
    - vérifier la bonne prescription et l'observance du traitement ;
    - proposer une immunothérapie spécifique en cas de mauvais contrôle par le traitement pharmacologique ou d'effets secondaires majeurs.

Références :

- Prise en charge diagnostique et thérapeutique des rhinites allergiques par l'ORL. Société française d'oto-rhino-laryngologie et de chirurgie de la face et du cou. 2020.

Le Dr Mickaël Pouliquen déclare participer ou avoir participé à des interventions ponctuelles et déplacements pour Stallergenes et ALK.

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