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Programme santé de Macron : "On va faire du travail d'orfèvre"

emmanuel macron santé

Nous voulons accompagner toute démarche professionnelle de regroupement dans les territoires à hauteur de 2000 maisons. Nous irons même au-delà de l'accompagnement de la construction. Nous irons dans l'accompagnement du fonctionnement. Il pourra y avoir des médecins généralistes débordés qui veulent se regrouper juste pour pouvoir continuer de soigner leurs patients sans craquer. Eux, on ne leur rajoutera pas de protocoles en plus. Il y a d'autres professionnels qui vont vouloir se regrouper et monter des dispositifs de type télémédecine, télé expertise ou coopération… La puissance publique sera également là pour les accompagner et les aider. On va faire du travail d'orfèvre.

 

En ce qui concerne la coercition à l'installation, Emmanuel Macron s'est prononcé contre. Comment faire pour que les jeunes s'installent dans les territoires ?

Il y a la question démographique. Ça n'est pas qu'un problème de répartition. On enregistre une réduction continue du nombre d'actes de médecine de soins primaires dans notre pays depuis 10 ans. A mesure que l'on parle de virage ambulatoire, on enregistre une baisse des soins primaires. Il faut se poser la question de la réduction de l'offre de façon globale. Je constate que le numerus clausus n'est qu'un formidable instrument visant à empêcher un étudiant français d'apprendre la médecine en France. Ça n'empêche absolument pas que les jeunes Français se forment à l'étranger ou les jeunes étrangers de venir exercer la médecine en France. Il faut que l'on ait une réflexion sur l'outil de régulation démographique, le numerus clausus étant aujourd'hui dépassé en l'état.

Il faut que l'on mette en place des mesures incitatives. Quand on fait du travail d'orfèvre avec les professionnels dans les territoires, on est à leur écoute et on prêt à les accompagner au-delà de la construction des murs d'une maison de santé. On mettra les moyens et on prendra le temps nécessaire. Il faudra aussi travailler à une meilleure revalorisation des maîtres de stage, à une multiplication des terrains de stage… Il faut également s'intéresser à la question des spécialistes d'organes. On parle beaucoup des généralistes, à raison, mais on parle assez peu des spécialistes d'organes dont on a aussi vraiment besoin dans les territoires.

 

Comment rouvrir le numerus clausus, sachant que les facs sont surchargées et qu'il n'y pas assez de professeurs, notamment en médecine générale ?

Nous allons continuer à développer la filière de médecine générale. C'est nécessaire. Nous avons aussi des moyens de former différemment aujourd'hui. Par exemple à Grenoble, on fait une première année avec un DVD et un tutorat public. Cela a permis d'enregistrer des résultats qui sont extrêmement positifs, notamment en matière de diversification des milieux sociaux pour l'accès à la médecine. Il y a aussi l'apprentissage par simulation qui se développe beaucoup. Et enfin il y a tout un tas de terrain de stages qui n'ont pas été ouverts et de territoires entiers qui n'ont pas été conquis par les étudiants en médecine.

Moi j'ai fait tout mon externat et mon internat à Grenoble. Au moment où j'ai passé ma thèse, je n'avais jamais mis les pieds dans un cabinet de neurologue. Comment aurais-je pu avoir l'idée de ce qu'était la neurologie libérale ? Il faut vraiment travailler à cela.

Je considère que les capacités de formation sont un sujet très important. Il ne faut surtout pas baisser en gamme en termes de qualité. Mais il faut aussi considérer qu'il vaut mieux adapter les capacités de formation à la demande de soins que limiter l'offre aux capacités de formation. Notre système ne répond plus aujourd'hui à la demande et surtout il est complétement contourné. Un médecin sur quatre qui s'installe aujourd'hui est un médecin étranger. On paye des chasseurs de têtes qui vont en Roumanie chercher des médecins...

 

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