@photobyevgeniya/stock.adobe.com
Un premier "papa Dépakine" porte plainte : "Ma fille est malade à cause de moi"
Jean-Marc Laurent a déposé plainte contre X en raison des troubles de sa fille, qu'il relie à la Dépakine, un antiépileptique qu'il avait pris avant la grossesse de sa femme.
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Le premier "papa Dépakine" à saisir la justice. Jean-Marc Laurent a déposé plainte contre X en raison des troubles de sa fille, qu'il relie à la Dépakine, un antiépileptique qu'il avait pris avant la grossesse de sa femme. "Cette première plainte de ce type va engendrer d'autres procédures judiciaires avec des pères concernés", précise Me Charles Joseph-Oudin, avocat historique des victimes de ce médicament, à l'AFP. "Il s'agira de nouvelles procédures, dérivées des dossiers Dépakine principaux liés aux mères", déroule le conseil.
Jean-Marc Laurent a déposé sa plainte devant le tribunal judiciaire de Paris. La plainte dénonce une "administration de substance nuisible", une "atteinte à l'intégrité de la personne/blessures involontaires", une "mise en danger d'autrui", une "tromperie aggravée" et un "non-signalement d'effet indésirable".
Pour rappel, la Dépakine, antiépileptique du groupe français Sanofi, est déjà connue pour ses graves risques pour l'enfant quand elle est prise par sa mère pendant la grossesse, indique l'AFP. Une vaste étude menée en France a conclu fin 2025 que le valproate de sodium peut perturber le développement d'un enfant s'il est pris par le père dans les mois précédant la conception. Cependant, des experts ont pointé que cette étude n'apporte pas forcément assez d'éléments pour déconseiller la Dépakine aux futurs pères.
"Ma fille est malade à cause de moi", affirme, pour autant, Jean-Marc Laurent dans Le Monde, au sujet de Margot, 17 ans, qui souffre de nombreux troubles neurodéveloppementaux. "Quand j'ai fait éclater le scandale en 2016 au niveau national, j'ai été contactée par des papas Dépakine et Jean-Marc Laurent a été un des premiers", retrace pour l'AFP Marine Martin, lanceuse d'alerte historique du dossier et présidente de l'association des victimes de la Dépakine.
"J'en ai eu un, puis deux, puis trois, puis une trentaine", confie Me Joseph-Oudin qui précise que cette première plainte concernant un père "va ensuite en parallèle faire l'objet d'une procédure de référé au civil". "C'est-à-dire, une mesure dans laquelle le juge doit ordonner une expertise judiciaire, avec des médecins sous le contrôle du juge qui vont s'interroger sur le lien de causalité entre l'exposition par le père et les troubles chez l'enfant", poursuit le conseil.
"D'autres plaintes vont suivre, puisqu’à mon cabinet, nous avons une vingtaine de familles qui nous ont contactés et pour lesquelles nous sommes en train de constituer des dossiers", prévient Me Joseph-Oudin. "J'ai une centaine de pères Dépakine qui m'ont contactée, on va déposer des plaintes au tribunal", ajoute Marine Martin.
"Nous ne pouvons pas nous prononcer sur des situations individuelles", commente Sanofi auprès de l'AFP. Concernant "un risque potentiel" chez les enfants nés de pères traités par valproate, une "mise à jour du résumé des caractéristiques du produit (RCP) et de la notice patient, ainsi que des mesures additionnelles de réduction des risques, ont déjà été mises en place en France depuis 2024", ajoute Sanofi.
[avec AFP]
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