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Cancer de la prostate : un essai qui va modifier le standard de traitement

Les résultats de l’étude clinique Latitude présentés au congrès de l’Asco (American Society of Clinical Oncology) vont venir modifier les standards de traitement des patients atteints d’un cancer métastatique de la prostate, qui étaient restés sans grand changement depuis 70 ans.

Le Pr Karim Fizazi, chef du département d’oncologie médicale à l’Institut Gustave Roussy, a présenté en conférence plénière au congrès de l’Asco - qui s’est tenu à Chicago du 2 au 6 juin et qui a réuni plus de 25 000 médecins et chercheurs du monde entier- l’étude Latitude, dont les résultats majeurs vont changer la prise en charge des patients diagnostiqués d’emblée d’un cancer métastatique de la prostate. Les données de l’essai clinique ont été publiées également dans le NEJM.

Avant 2015, les patients atteints d’un cancer métastatique de la prostate étaient classiquement traités par hormonothérapie conventionnelle afin d’inhiber la fabrication de la testostérone par les testicules. En 2015, trois grands essais cliniques français, anglais et américains ont démontré le bénéfice de l’ajout d’une chimiothérapie au traitement hormonal dès le diagnostic. "Même si le cancer de la prostate est très sensible à une hormonothérapie, nous savons que les inhibiteurs de la testostérone n’éradiquent pas complètement toutes les cellules cancéreuses et qu’il reste une production d’hormone résiduelle", explique le Pr Fizazi, l’investigateur principal de cet essai. L’objectif était de mesurer le bénéfice de l’abiratérone (Zytiga, Janssen) sur la survie globale et la survie sans progression du cancer chez des patients nouvellement diagnostiqués d’un cancer métastatique de la prostate. L’abiratérone est une hormonothérapie de nouvelle génération qui empêche la production d’hormones androgènes par les glandes surrénales et la cellule cancéreuse elle-même. Ce médicament possède une AMM depuis 2012. Il est utilisé actuellement comme arme de rattrapage chez les patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique devenu résistant à l’hormonothérapie conventionnelle et en rechute avant ou après une chimiothérapie.

"L’étude Latitude démontre que l’abiratérone administrée dès la prise en charge du cancer en plus d’une hormonothérapie conventionnelle diminue d’environ 40 % le risque de décès et de plus de 50 % le risque de rechute du cancer après deux ans et demi de suivi". Ainsi, ajouter un nouvel anti-hormonal au traitement standard contre le cancer agressif de la prostate semble très efficace.

Latitude est une grande étude clinique randomisée comparative (double aveugle contre placebo), internationale et multicentrique (235 centres répartis dans 34 pays), de phase III à laquelle 1200 patients ont participé entre février 2013 et décembre 2014. L’essai a comparé chez des patients souffrant d'un cancer de la prostate métastatique à haut risque, nouvellement diagnostiqué et hormono-sensible, un traitement standard de suppression androgénique associé à des placebo (n = 602) à la même suppression androgénique associée à de l’acétate d’abiratérone (1 000 mg/j) et à de la prednisone (10 mg/j) [n = 597].

Les résultats

Sources : 

Karim Fizazi, Namphuong Tran, Luis Enrique Fein, et al. Latitude: A phase III, double-blind, randomized trial of androgen deprivation therapy with abiraterone acetate plus prednisone or placebos in newly diagnosed high-risk metastatic hormone-naive prostate cancer. J Clin Oncol 35, 2017 (suppl; abstr LBA3).

 

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