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La saga des médicaments anti-Alzheimer

Le déremboursement des médicaments qui visent à lutter contre la maladie d’Alzheimer est l’aboutissement de dix années de remises en cause et de tergiversations.

 

Quatre spécialités ont une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans le traitement symptomatique de la maladie d’Alzheimer. Les anticholinestérasiques sont au nombre de 3 : le donépézil (Aricept du laboratoire Eisai et génériques), la rivastigmine (Exelon de Novartis Pharma, et génériques) et la galantamine (Reminyl/Reminyl LP de Janssen Cilag et génériques). Ils bloquent la dégradation par la cholinestérase de l’acétylcholine cérébrale, neurotransmetteur dont la production diminue chez les personnes atteintes de maladie d'Alzheimer. Ils ont l’AMM aux stades léger, modéré et modérément sévère de la maladie. S’y ajoute la mémantine (Ebixa de Lundbeck, et génériques), un inhibiteur des récepteurs NMDA du glutamate, un neurotransmetteur dont la libération excessive pourrait jouer un rôle dans la dégénérescence neuronale. C’est le seul médicament qui ait l’AMM au stade sévère de la maladie d’Alzheimer. Elle a aussi l’AMM (comme les anticholinestérasiques) aux stades modéré et modérément sévère. En revanche, elle n’a pas d’AMM au stade léger.

Ces médicaments sont tous à visée symptomatique et ne modifient pas l’évolution de la maladie. Ils sont remboursables à 15%, et à 100 % dans le cadre de l’ALD. Ils représentent un coût de 90 millions d’euros par an pour l’Assurance maladie.

 

Cela fait plus de 10 ans que la Haute Autorité de santé (HAS) s’est penchée sur l’intérêt et la place de ces médicaments dans la stratégie de prise en charge des patients.

 

2007 : SMR important

Ainsi, dès 2007, la HAS a réalisé une réévaluation de ces thérapeutiques et s’est prononcée sur leur service médical rendu (SMR) et leur amélioration du service médical rendu (ASMR).  Il ressort de cette première analyse que les effets de ces médicaments sont "modestes" et portent essentiellement sur les troubles cognitifs, sans enrayer la progression de la maladie. L’efficacité est établie uniquement à court terme (6 mois) et en comparaison au placebo. Toutefois, la HAS a tenu compte de la gravité de la maladie d’Alzheimer et "du possible rôle structurant du médicament dans la prise en charge globale de cette maladie", et a considéré que "malgré un rapport efficacité/effets indésirables modeste, la prise en charge par la collectivité reste justifiée". Le SRM des 4 traitements, qui avait été considéré antérieurement par la Commission de la transparence comme important, a été confirmé. En revanche, l’ASMR était de niveau 4 (mineure). "La prescription médicamenteuse est une occasion privilégiée de mettre en place une prise en charge médico-psycho-sociale à long terme. Les médicaments ne sont qu’un des éléments de cette prise en charge, mais les experts ont estimé...

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