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Biosimilaires : les associations de patients vent debout contre la substitution en officine

Un collectif de cinq associations de patients (1) soutenues dans leur action par dix autres (2) s’oppose à la substitution en officine des médicaments biologiques.

Dans une tribune publiée le 7 octobre, ces associations estiment, en effet, que "la substitution en officine ne pourra se faire qu’aux dépens de la sécurité et du bien-être des malades".

Cette mesure est loin d’être la "solution miracle au développement des biosimilaires et donc à l’équilibre des comptes sociaux" que défendent pharmaciens, industriels, et décisionnaires politiques ; "le seul avantage économique nouveau serait en fait au bénéfice des pharmaciens d’officine", affirment-elles.

Elles insistent au contraire sur l’importance du dialogue entre patients et médecin pour la prise en charge des pathologies chroniques, souvent sévères et compliquées pour lesquelles sont généralement prescrits les médicaments biologiques. "Dans les maladies chroniques, le médicament devient notre compagnon du quotidien qui réclame une véritable démarche d’appropriation et d’acceptation. Ce processus peut être long et conditionne l’adhésion au médicament, c’est un enjeu essentiel de la prise en charge."

Les associations signataires reconnaissent l’importance des biosimilaires et la nécessité de les développer en initiation de traitement et également la possibilité de l’interchangeabilité. En revanche, elles dénoncent fermement la substitution en officine, affirmant que l’initiation et la possibilité de l’interchangeabilité doivent restées une prérogative des prescripteurs, et intervenir dans le cadre d’une décision partagée avec le médecin prescripteur. "Transférer le sujet en dehors de ce cadre aurait des effets délétères comme nous l’a montré l’expérience des génériques provoquant une érosion durable de la confiance des malades."  

Il en va de la sécurité du patient. Ainsi, "la traçabilité est un impératif que la substitution en officine ne permet pas de garantir notamment en raison des changements itératifs liés aux changements de fournisseurs". Et ce d’autant que l’information au médecin prescripteur prévue par la loi en cas de substitution par le pharmacien, est une "précaution indispensable mais totalement irréalisable tant la mise en place promet d’être hasardeuse : joindre le médecin, sécuriser l’information, tracer l’éventuel refus, impacter le délai de délivrance…". Les modes d’administration peuvent s’avérer différents, nécessitant alors un apprentissage. Dans ce domaine, les signataires de la tribune citent une étude conduite par le Comité pour la valorisation de l’acte officinal auprès des pharmaciens français, qui a montré que seulement 3 % des pharmaciens interrogés considéraient leur connaissance des biomédicaments comme très bonne alors qu’un tiers la déclarait mauvaise. 

En outre, l’argument avancé par les pouvoirs public d’être un moyen de lutter contre les pénuries de médicaments, est "très discutable et peu fondé. Si l’on regarde du côté des médicaments chimiques, de nombreux exemples récents montrent que les ruptures concernent aussi bien des princeps que des génériques". Enfin il est à noter qu’aucun pays en Europe n’a fait ce choix jusqu’à maintenant.

Dans ce contexte, "comment ne pas voir alors la substitution comme un enjeu politique plus encore qu’un atout pour les comptes sociaux et non comme un meilleur accompagnement pour les malades ?", s’interrogent les associations de patients. Elles se positionnent contre la substitution des biomédicaments en officine ; pour le maintien d’une proposition de biosimilaire par le médecin dans le cadre d’une décision partagée ; pour le respect des lois de santé publique relatives aux droits des patients ; et pour des mesures favorables aux économies de santé, respectueuses des malades.

 

  1. AFA – Crohn - RCH (Association François Aupetit, maladie de Crohn et rectocolite hémorragique), Andar (Association Nationale de Défense contre L'Arthrite Rhumatoïde), Europa Donna France (Association contre le cancer du sein), France Psoriasis, et la Ligue Française contre la Sclérose En Plaques
  1.  ACS (Action contre les Spondylarthropathies), AFL+ (Association Française du Lupus et autres maladies auto-immunes), AFS (Association France Spondyloarthrites), Asthme & allergie, Cancer contribution, France Lymphome Espoir, Inflam’oeil, KOURIR (Association pour les enfants atteints d'arthrite chronique juvénile), Lupus France, Spondyloaction 
Sources : 
Tribune de l’AFA – Crohn - RCH (Association François Aupetit, maladie de Crohn et rectocolite hémorragique), l’Andar (Association Nationale de Défense contre L'Arthrite Rhumatoïde), Europa Donna France (Association contre le cancer du sein), France Psoriasis et la Ligue Française contre la Sclérose En Plaques.

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