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Grossesse : la e-cigarette déconseillée

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et la Société Francophone de Tabacologie ont fait un point, à l’occasion de Pari(s) Santé Femmes 2020 (29-31 janvier 2020), sur les recommandations pour la pratique clinique dans la prise en charge du tabagisme au cours de la grossesse.

En France, le taux de tabagisme actif avant la grossesse est de l’ordre de 30%, de 20 à 24% au 1er trimestre et de 14 à 20% durant le 3ème trimestre. Il est associé aux catégories socio-professionnelles les moins favorisées. Les chiffres sur les effets du tabagisme en cours de grossesse l’érigent en véritable fléau de santé publique : +20% de fausses couches précoces, +100% de petits poids de naissance, +30% de mort fœtale in utéro et +73% de grossesses extra-utérines. Le tabagisme passif à lui aussi des effets néfastes sur l’enfant à naître. La France doit donc renforcer sa politique sur le tabagisme dans les lieux collectifs. Les risques pour la santé de l’enfant perdurent après la naissance : +100% de risque de mort inattendue du nourrisson et de survenue d’asthme ou de symptômes respiratoires dans l’enfance. Face à ces chiffres alarmants, les recommandations pour les médecins et sages-femmes sont les suivantes :

  • Déconseiller l’initiation ou la poursuite des produits de vapotage durant la grossesse. Les effets des arômes et du propylène glycol sont encore inconnus aujourd’hui. Toutefois, l’exposition à la cigarette électronique reste probablement préférable à la fumée du tabac ;
  • Dépister le tabagisme en posant systématiquement la question aux patientes ou en mesurant le taux de monoxyde de carbone expiré lors des consultations, à l’aide d’un outil appelé le CO testeur. Une prise en charge par un réseau de soins dédié devra ensuite être proposé ;
  • Réaliser un « entretien motivationnel « afin de favoriser le sevrage. Les supports type brochure peuvent éventuellement améliorer le taux de sevrage. Les mesures d’incitation financière sont sérieusement à l’étude : un outil de récompense qui consiste à donner des bons d’achat à celles qui persistent dans le sevrage. Les premiers résultats sont encourageants ;
  • Selon les études, la prescription de traitements de substitution nicotinique (TSN) est associée à une abstinence tabagique pendant ou en fin de grossesse. Ils peuvent donc être proposés à celles qui ont échoué à un sevrage spontané. Les Experts insistent sur le fait qu’en cas de reprise tabagique, il est recommandé de poursuivre la substitution nicotinique ;
  • L’utilisation des TSN reste possible pendant l’allaitement car aucun élément inquiétant n’a été signalé chez les enfants allaités de mère sous substitution nicotinique ;
  • Une consultation spécialisée permet d’anticiper les risques de reprise du tabac en post-partum qui avoisine les 4/5 à un an.

 

Sources : 

D’après un point presse de Pari(s) Santé Femmes (Paris, 29 janvier 2020)

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