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37es Journées de l’HTA : de nouvelles propositions de la Société française d’hypertension artérielle

Les experts souhaitent promouvoir une prise en charge pluriprofessionnelle des patients et un remboursement tous les 5 ans des appareils d’automesure. 

 

La Société française d’hypertension artérielle (SFHTA) a émis des propositions pour améliorer le diagnostic et le traitement de l’HTA. "Le fait qui a conduit à concevoir ce texte*, à destination des Autorités de santé est, comme le confirme la French League Against Hypertension Survey (Flahs) 2017, que le contrôle tensionnel stagne depuis 10 ans en France autour de 50 %", a expliqué le Dr Thierry Dénolle, président de la SFHTA lors des 37es Journées de l’HTA (décembre 2017). "Or, on constate une banalisation de l’HTA, qui n’est toujours pas considérée comme une véritable maladie chronique."

Le texte publié par la SFHTA a été élaboré par 37 auteurs d’origines différentes, le plus souvent membres de la SFHTA : médecins néphrologues et internistes, cardiologues, généralistes, mais aussi pharmaciens, patients. Il insiste en premier lieu sur l’importance d’évaluer périodiquement et sur une base nationale l’HTA, et de faciliter l’accès aux grandes bases médicales, en particulier celles des caisses d’Assurance maladie. "En effet, à part Flahs très peu d’études permettent actuellement d’apprécier l’impact de l’HTA en France", a indiqué le Dr Dénolle. La SFHTA souhaiterait l’élaboration d’un système d’information, à partir des données d’études transversales (comme Flahs, Constant et Phappg en Guadeloupe), d’études de cohorte (Suvimax, Gazel, 3 C, Nutrinet), la création de registres, en particulier pour les 3% à 5 % d’HTA secondaires. Elle estime également important de mener des travaux de recherche sur l’HTA des sujets âgés, par exemple pour évaluer le bénéfice préventif des médicaments antihypertenseurs vis-à-vis de la maladie d’Alzheimer, pour estimer les avantages et risques d’un allègement potentiel du traitement antihypertenseur chez les résidents âgés vivant en Ehpad.

"L’HTA doit être intégrée dans la politique de prévention globale que souhaite développer la ministre de la santé, Agnès Buzyn, en corrigeant les inégalités sociales et géographiques", a souligné le Dr Dénolle. La SFHTA rappelle ainsi la nécessité d’améliorer l’accès aux soins pour les patients hypertendus, notamment en Outre-mer, de tenir davantage compte des mauvaises conditions socio-économiques, qui influencent la survenue de l’HTA et sa prise en charge, ou encore de relancer le plan Obésité Outre-mer mis en place entre 2010 et 2013.

 

Prendre en charge financièrement l’automesure tensionnelle

 

"Par ailleurs, il faut pour faciliter le diagnostic de l’HTA sortir de la mesure de la pression artérielle de consultation et passer à l’automesure à domicile, qui doit donc être financée", a souligné le Dr Dénolle. La SFHTA plaide ainsi pour un remboursement tous les 5 ans, et sur prescription médicale, d’un appareil d’automesure tensionnelle aux patients. Pour diffuser l’automesure et en améliorer la pratique, elle propose aussi de la prendre en compte dans les rémunérations sur objectifs de santé publique (Rosp) et que les appareils figurent de nouveau sur une liste d’homologation (disparue depuis 2012). Mesure également cruciale pour la SFHTA : le remboursement (pour les indications où elle nécessaire) de la mesure ambulatoire de la pression artérielle (Mapa), "dont l’intérêt est reconnu dans plusieurs recommandations internationales".

 "La consultation d’annonce de l’HTA, que la SFHTA propose depuis 2013, devrait être considérée comme une consultation complexe, car elle exige du temps".  Il faudrait peut-être aussi créer des consultations spécifiques...

Sources : 

D’après la communication du Dr Thierry Dénolle, président de la Sfhta, et du Pr Xavier Girerd (Hôpital de la Pitié-Salpétrière, Paris), lors des 37es Journées de l’HTA (décembre 2017).

 

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