Moins de complications cardiovasculaires sous empagliflozine en cas d’insuffisance cardiaque

20/10/2020 Par Pr Philippe Chanson
Cardio-vasculaire HTA Endocrinologie-Métabolisme

Les inhibiteurs de SGLT2 réduisent le risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque, qu’il y ait ou non un diabète. Quel est l’effet de ces doses sur les différents stades d’insuffisance cardiaque, en particulier chez les patients ayant une réduction sévère de la fraction d’éjection ? Pour répondre à cette question, une étude multicentrique en double insu a été menée permettant de randomiser 3730 patients ayant une insuffisance cardiaque de classe II, III ou IV et une fraction d’éjection ≤ 40 % et qui ont reçu de l’empagliflozine à la dose de 10 mg par jour ou du placebo en plus de leur traitement habituel. Le critère d’évaluation principal était un critère composite de décès cardiovasculaire ou d’hospitalisation pour aggravation de l’insuffisance cardiaque. Au cours d’un suivi médian de 16 mois, le critère d’évaluation principal est survenu chez 361 des 1863 patients (19.4 %) dans le groupe empagliflozine et chez 462 des 1867 patients (24.7 %) du groupe placebo, donnant un hazard ratio pour le décès cardiovasculaire ou l’hospitalisation pour insuffisance cardiaque de 0.75 (IC 95 % = 0.65 à 0.86 ; p < 0.001). Les effets de l’empagliflozine sur le critère d’évaluation principal étaient constants, que les patients aient ou non un diabète. Le nombre total d’hospitalisations pour insuffisance cardiaque était inférieur dans le groupe empagliflozine par rapport au groupe placebo (hazard ratio = 0.70 ; 0.58 à 0.85 ; p < 0.001). La vitesse annuelle de diminution du taux de filtration glomérulaire était plus lente dans le groupe empagliflozine que dans le groupe placebo (-0.55 vs -2.28 ml/min/1.73 m2 par an ; p < 0.001) et les patients traités par empagliflozine avaient un risque inférieur de survenue d’une complication rénale grave. Les infections du tractus génital, non compliquées, étaient rapportées plus fréquemment sous empagliflozine.

En conclusion, chez les patients qui reçoivent le traitement habituel de l’insuffisance cardiaque, ceux qui sont sous empagliflozine ont une réduction du risque de décès cardiovasculaire ou d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque en comparaison de ceux qui reçoivent le placebo et cela qu’il y ait ou non un diabète.

Redoutez-vous la mise en œuvre de la certification périodique?

DAVID DURAND

DAVID DURAND

Oui

Le maintien et l'amélioration des connaissances de tout médecin est indispensable mais je redoute ce format très dirigiste. Le blo... Lire plus

4 débatteurs en ligne4 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Décryptage Déontologie
Dépassements d’honoraires des médecins : "le tact et la mesure" à l’épreuve des abus
05/02/2026
29
Insolite
Pas d'adresse ni de téléphone... A Angers, ce cabinet qui accueille les patients sans médecin traitant est un...
22/01/2026
7
Concours pluripro
Maisons de santé
Arrêt brutal d'une expérimentation finançant 26 maisons et centres de santé qui luttent contre les inégalités...
04/02/2026
2
Enquête
"Ne plus en faire, c'est un deuil" : pourquoi les médecins renoncent aux visites à domicile
14/01/2026
31
Histoire
"Mort sur table" : retour sur l'affaire des "médecins de Poitiers", qui a divisé le monde hospitalier
15/12/2025
7
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2