Hypothyroïdie infraclinique : après 65 ans, l’hormonothérapie n’apporte pas de bénéfice

13/07/2017 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme

L’hypothyroïdie clinique est définie par une augmentation modérée de la TSH sans abaissement de la T4 libre. Traiter ou non l’hypothyroïdie infraclinique reste un grand sujet de controverse. L’hypothyroïdie infraclinique étant fréquente chez les sujets âgés, il était licite de mettre en place une étude dans la population des sujets de plus de 65 ans afin de tenter de répondre à la question de l’intérêt du traitement dans cette population. L’étude en double insu, randomisée, versus placebo, en groupes parallèles a impliqué 737 sujets de plus de 65 ans qui avaient une hypothyroïdie infraclinique définie dans cette étude comme une TSH entre 4.6 et 19.99 mU/l concomitante d’une T4 libre normale. 368 patients ont reçu de la lT4 à une dose initiale de 50 µg par jour (ou de 25 µg par jour si le poids corporel était < 50 kg ou si le patient avait une coronaropathie), dose ajustée ensuite en fonction de la TSH. 369 patients ont reçu du placebo avec un pseudo-ajustement des doses pour rester en aveugle. Les deux critères d’évaluation principaux étaient la variation à 1 an du score des symptômes de l’hypothyroïdie et du score de fatigue selon un questionnaire de qualité de vie en relation avec les pathologies thyroïdiennes (l’échelle de chaque score va de 0 à 100, un score élevé indiquant plus de symptômes ou de fatigue). L’âge moyen des patients était de 74.4 ans et 396 (53.7 %) étaient des femmes. La TSH moyenne était de 6.4 ± 2.01 mU/l au début de l’étude. A 1 an, la TSH moyenne avait diminué à 5.48 mU/l dans le groupe placebo alors qu’elle avait diminué à 3.63 mU/l dans le groupe lT4 (p < 0.001) avec une dose médiane de 50 µg. En revanche, aucune différence n’a été trouvée dans la variation moyenne à 1 an du score des symptômes de l’hypothyroïdie (0.2 ± 15.3 dans le groupe placebo et 0.2 ± 14.4 dans le groupe lT4 ; différence entre les groupes = 0 ; IC 95 % = -2 à +2.1). Il n’y avait pas non plus de variation dans le score de fatigue (3.2 ± 17.7 et 3.8 ± 18.4 avec une différence entre les groupes de 0.4 ; -2.1 à +2.9). Il n’y a pas eu d’effet bénéfique du traitement par lT4 sur les critères d’évaluation secondaire (scores de qualité de vie génériques, force du poignet, test des fonctions cognitives et exécutives, pression artérielle, IMC, rapport taille/hanche, activité quotidienne). Il n’y a pas eu non plus d’augmentation significative des événements secondaires graves. En conclusion, la lT4 ne semble pas apporter de bénéfice apparent chez les sujets âgés ayant une hypothyroïdie infraclinique.

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Herve  Koskas

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

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