Hypoparathyroïdie chronique traitée par calcium et vitamine D : augmentation du risque d’insuffisance rénale et de lithiase urinaire

23/11/2022 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
La PTH joue un rôle central dans l’homéostasie phosphocalcique en stimulant la réabsorption du calcium dans le rein et en augmentant l’excrétion du phosphate. Quelle que soit la cause de l’hypoparathyroïdie, le traitement habituel par la vitamine D et le calcium sont à l’origine d’une hypercalciurie qu’on peut modérer par l’association avec des thiazides.
 

Mais si l’on arrive à assez bien contrôler la calcémie, c’est parfois au détriment de la calciurie qui augmente et de l’augmentation du produit phosphocalcique qui peut augmenter le risque de lithiase, de néphrocalcinose ou d’insuffisance rénale chronique. Les patients ayant une hypoparathyroïdie chronique traités avec de la vitamine D et du calcium pourraient avoir des complications rénales plus importantes qu’on ne pense. Afin de l’évaluer dans une population importante en Suède, les registres nationaux ont été utilisés pour identifier les patients ayant une hypoparathyroïdie chronique. Ils ont été comparés à des témoins. Un total de 1562 patients ayant une hypoparathyroïdie chronique sans insuffisance rénale préexistante ont été comparés à 15 620 témoins. Le risque de développer une insuffisance rénale chronique était supérieur chez les patients ayant une hypoparathyroïdie chronique en comparaison aux témoins (hazard ratio = 4.45 ; IC 95 % = 3.66 – 5.41). Chez les patients sans lithiase urinaire préalable (n = 1810 hypoparathyroïdie chronique comparés à 18100 témoins), le risque de développer une lithiase était supérieur chez les patients ayant une hypoparathyroïdie chronique (HR = 3.55 ; 2.84 – 4.44) en comparaison des témoins. Les patients ayant une hypoparathyroïdie chronique avaient des taux d’incidence d’hospitalisation supérieurs, quelle qu’en soit la cause (49.59 pour 100 personnes/année ; 48.5 – 50.7 vs 28.43 pour 100 personnes/année ; 28.15 – 28.71), avaient des taux d’incidence d’insuffisance rénale supérieurs (3.46 pour 100 personnes/année ; 3.18 – 3.76 vs 0.72 pour 100 personnes/année ; 0.68 – 0.77 pour 100 personnes/année) en comparaison des témoins. Les hommes ayant une hypoparathyroïdie semblaient avoir un risque supérieur d’insuffisance rénale en comparaison des femmes. En conclusion, les patients ayant une hypoparathyroïdie chronique traitée par calcium et vitamine D ont un risque augmenté d’insuffisance rénale, de lithiase urinaire et d’hospitalisation en comparaison des témoins.

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

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