Cancer du poumon : les radiologues se mobilisent pour le dépistage par scanner

17/02/2020 Par Marielle Ammouche
Pneumologie
Forts de la publication récente des résultats de l’étude Nelson, les radiologues de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) ont décidé de faire pression sur les autorités de santé afin qu’elles autorisent une expérimentation sur le dépistage du cancer bronchopulmonaire par scanner basse dose.

« Ne pas s’engager dans démarche d’expérimentation sur sa mise en place pourrait être considéré comme une perte de chance pour des milliers de patients » affirment les spécialistes dans un communiqué daté du 7 février. L’étude Nelson est un vaste essai belgo-néerlandais ayant porté sur 13 195 hommes (analyse primaire) et 2 594 femmes (analyses de sous-groupes) âgés de 50 à 74 ans et à risque de cancer bronchopulmonaire car fumeurs ou anciens fumeurs. Les analyses ont montré que les sujets ayant bénéficié d’un dépistage radiologique par scanner (à l’inclusion dans l’étude puis à 1, 3 et 5,5 ans) avaient un taux de mortalité à 10 ans diminué de 24% par rapport à ceux n’ayant pas bénéficié de ce programme de dépistage (groupe témoin). La réduction étant même supérieure chez les femmes. En outre, l’adhésion des participants à ce dépistage apparaissait bonne. Ces données pourraient-elles faire évoluer la position de la Haute Autorité de santé sur ce sujet ? En 2016, l‘autorité sanitaire considérait, en effet, que le dépistage de ce cancer chez les fumeurs ne serait pas utile (maladie difficilement détectable à un stade précoce, trop de faux positifs, pas de traitements efficaces…). La FNMR a déjà demandé par le passé...

que soit mise en place une expérimentation du dépistage dans une ou deux régions françaises. Sans succès. « Aujourd'hui, la publication des résultats de l'étude Nelson doit nous inciter à nous engager dans le dépistage de ce cancer » affirme-t-elle. Elle souligne que d’autres études réalisées en Europe et aux Etats-Unis, ont confirmé le bénéfice apporté par ce type de dépistage (réduction de la mortalité de 20%). Les radiologues ont donc saisi la ministre de la santé, Madame Buzyn, afin d'étudier les modalités de mise en œuvre de ce dépistage.  

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