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30 patients par jour pour gagner ma vie : jeune généraliste à Paris, j'ai déplaqué au bout d'un an et demi

Chloé, jeune généraliste d’origine alsacienne, était installée depuis seulement un an et demi dans la capitale. Poids des charges, impératif de multiplier les consultations, inconvénients de la grande ville... Elle a listé, dans un texte publié sur Twitter, les raisons qui l’ont conduite à mettre fin à son activité, tout en balayant le jugement d’échec. Nous sommes revenus avec elle sur ce témoignage livré sous le coup de l’émotion.

 

“Le 24 juin, c’était mon dernier jour. Comme certains l’avaient prédit, je me suis désinstallée au bout d’un an et demi. J’ai fermé mon cabinet parisien. Alsacienne d’origine, je n’avais au départ aucunement eu l’intention de m’installer dans la capitale. À l’époque, je m’imaginais plutôt faire de la médecine de campagne. J’étais arrivée à Paris pour mon internat, en vue de rejoindre mon conjoint, qui y faisait ses études.

Puis une opportunité d’installation s’est présentée en août 2019, alors que j’étais fraîchement thésée. J’ai vu une annonce sur un groupe Facebook proposant des remplacements de médecins généralistes : le cabinet était à dix minutes en bus de mon logement parisien, j’allais être entourée d’autres généralistes et de paramédicaux, ce qui était important pour moi, et le cabinet était livré presque clés en mains. Sur le papier, ça semblait vraiment parfait. J’ai signé en septembre 2019, et j’ai intégré la structure en janvier 2020.

Sauf qu’ensuite il y a la réalité de l’installation. Pire, à Paris. Avoir mon cabinet, ça avait toujours été mon projet. Je n’ai jamais eu envie de faire de remplacements pendant longtemps. Mais il n’en reste pas moins que c’est un saut dans le vide. Pendant l’internat, j’avais un parachute, là j’étais seule : il n’y avait plus mon chef, mes co-internes pour répondre à mes questions. S’installer à Paris, c’est en plus devoir faire face à des charges énormes : le remboursement du prêt pour l’installation, l’achat du matériel, le loyer professionnel. Ce à quoi s'ajoutent mon prêt étudiant, le loyer de mon habitation, mais aussi les impôts, l’Urssaf, la Carmf, l’assurance du local, Doctolib… À un moment donné, je me suis rendu compte que si je voulais bien gagner ma vie, il fallait que j’augmente la cadence. Moi qui avais commencé par faire des consultations de vingt minutes, je suis passée à quinze, parce que je voyais que financièrement, ça ne suffisait pas. J’ai calculé qu’après dix ans d’études, pour bien m’en sortir économiquement, pour pouvoir mettre des sous de côté, il fallait que je voie au moins trente patients par jour.

Encore faut-il déjà les trouver, ces patients. Et là, c’est vrai que Doctolib est un outil génial, qui m’a permis de garder la tête hors de l’eau, de gagner un peu de visibilité. Parce que faire sa patientèle à l’ancienne, par le bouche à oreille, c’est franchement très difficile à Paris en 2021. Moi si j’avais fait ça, considérant toutes mes charges, je fermais en trois mois…

En revanche l’inconvénient avec Doctolib...

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