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Crise de l’hôpital public : "Le garrot qui l’étrangle doit être desserré"

Deux tribunes publiées dans Le Monde ce jeudi 14 novembre par 70 directeurs des départements médico-universitaires et par le Pr Bernard Granger, fondateur du Mouvement de défense de l’hôpital public, s’alarment du dépérissement de l’hôpital public et du système hospitalier en général. A quelques heures de la grande mobilisation, ils formulent leurs propositions.  

 

C’est la crainte d’un “point de rupture irréversible” qui a poussé 70 directeurs des départements médico-universitaires à prendre la plume et publier une tribune, pour le moins alarmante, dans les colonnes du journal Le Monde.  

Soulignant l’excellence de leur réputation, durement acquise au fil des années, les praticiens affirment toutefois qu’ils ne sont plus “en mesure d’assurer [leurs] missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité de soins”.  

Au coeur de leurs inquiétudes : la démotivation des équipes. “Les délais de programmation des interventions s’allongent, les soins urgents ne sont plus réalisés dans les délais raisonnables. Les usagers sont de plus en plus obligés de se tourner vers les établissements privés. Trop peu de recrutements de soignants sont en vue pour espérer un retour à la normale du ‘système sanitaire’”, écrivent-ils.  

Conséquence : tout comme les patients, la “fuite” des soignants vers l’hôpital privé, entraînant l’usure encore plus importante des soignants qui “restent”. “Pour maintenir les lits ouverts et poursuivre l'accueil des patients, il est nécessaire de faire appel aux soignants restants en leur demandant de réaliser des heures de travail supplémentaires ou à des personnels soignants extérieurs appelés au fil de l’eau pour combler les manques, mais sans expertise dans les spécificités des différents services.”  

Les praticiens dénoncent également l’absence d’attractivité de l’hôpital public, en grande partie liée à l’attractivité salariale. “La fuite des médecins des hôpitaux universitaires met en péril la formation de toute la profession et, au-delà, le niveau de la santé en France”, s’inquiètent-ils.  

Profitant de la tribune, ils s’expriment ainsi sur plusieurs revendications. D’abord, réviser à la hausse l’Objectif national des dépenses d’assurance-maladie (Ondam), mais aussi “revaloriser le salaire des personnels paramédicaux, infirmiers en premier lieu et des médecins en plus de reconnaître et de valoriser les responsabilités exercées par ces professionnels”. Ils revendiquent également une “refonte complète du mode de financement et de la place de l’hôpital public” dans le système de santé et d’augmenter les effectifs.  

 

“Le garrot qui l’étrangle doit être desserré” 

Dans une autre tribune, le Pr Bernard Granger, PU-PH à l'hôpital Cochin (AP-HP) et président du Conseil national professionnel de psychiatrie, fait le même constat d’un système de santé “menac锓Tous les ingrédients sont réunis pour que des mesures aux apparences généreuses présentées comme des ‘annonces fortes’ en faveur de l’hôpital public laissent...

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