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"Misère de nos hôpitaux" : une enquête à Marseille en 1938

"Locaux, moyens, ressources insuffisants" : face à l'indigence chronique des moyens des hôpitaux, le journal local Le Petit Marseillais publie au sortir des années 1930 une enquête "coup de poing" et appelle les pouvoirs publics à réagir. Une série d'articles d'une actualité criante.

 

 

Article initialement publié le 11 décembre 2018 sur Retronews.fr, le site de presse de la Bibliothèque nationale de France, dans le cadre de notre partenariat.

 

À l’origine, le mot hôpital, du latin hospitalia, désigne une maison d’accueil. Il n’est pas encore question de soigner, mais seulement d’offrir un toit aux nécessiteux, au nom de la charité chrétienne.

Au fil des siècles, leur mission évolue. À partir du Moyen-Âge, ils servent aussi à contrôler la population dans les royaumes européens. Les mendiants, les fous, les pestiférés et les prostituées peuvent être internés de force dans les hôpitaux. Petit à petit, ces établissements vont devenir des lieux de soins : les médecins viennent au chevet des patients pour les soigner, mais aussi pour se former, et les malades sont regroupés en fonction de leurs pathologies pour faciliter le travail du corps médical et améliorer l’hygiène. C’est la naissance des hôpitaux modernes.

Le XXe siècle est marqué par une croissance démographique qui accentue les besoins : entre 1896 et 1938, le nombre d’admissions est passé de 564 000 à 1 205 000. Durant l'Entre-deux-guerres, la plupart des hôpitaux français manquent cruellement de moyens.

C'est le cas de ceux que compte alors la deuxième ville française et premier port de France : Marseille.

En 1938, le journal local Le Petit Marseillais se fait fort de dénoncer la situation des hôpitaux marseillais, abandonnés des pouvoirs publics. Fruit d'une longue enquête, une dizaine d'articles sont publiés pendant les mois de janvier et février. "Locaux, moyens, ressources insuffisants" : tel est le constat dressé d'emblée par le journaliste, Marcel de Renzis, qui n'hésite pas à faire usage des majuscules pour en accentuer la gravité : 

 

"Le mal vient de très loin. Il est fait de responsabilités accumulées au cours des années. Mais ce mal a pris maintenant des proportions inquiétantes et les pouvoirs publics se doivent d’y chercher un remède. Marseille n’a pas les hôpitaux qu’elle devrait avoir de par son importance et de par sa situation. [...]

Chaque jour, s’affirment les effets détestables d’un état de choses devenu angoissant.

Les hôpitaux marseillais présentent une caractéristique : l’insuffisance. 

SONT INSUFFISANTS, LES LOCAUX DONT ILS DISPOSENT. SONT INSUFFISANTS, LES MOYENS TECHNIQUES DONT ILS SONT MUNIS. SONT INSUFFISANTES, LES RESSOURCES BUDGETAIRES QUI LEUR SONT ATTRIBUÉES."

 

 

Pour appuyer son propos, le journaliste rapporte cette anecdote révélatrice :

"L'an dernier, un citoyen des U. S. A., versé dans les questions médicales, demanda à visiter les hôpitaux de Marseille...
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