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Arrivée du midazolam en ville : "Les médecins généralistes auront besoin d'accompagnement"

Présent au congrès annuel de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) en septembre dernier, le ministre de la Santé a présenté les grandes lignes du cinquième plan national pour le développement des soins palliatifs et l’accompagnement de la fin de vie pour 2021-2024. Avec pour objectif d’en permettre l’accès partout en France et de réduire les inégalités entre les territoires, ce plan mobilise, au total, un budget de 170 millions d’euros. Midazolam en ville, création de nouveaux actes, astreintes, développement de l’HAD, formation… Ce nouveau plan ambitionne également de valoriser et de soutenir le travail des professionnels de la ville. Explications avec le Dr Olivier Mermet, médecin généraliste dans l’Allier et membre du comité de pilotage.  
 

Egora.fr : Le Gouvernement a dévoilé le mois dernier la feuille de route du cinquième plan pour les soins palliatifs, qui avait été annoncé au parlement par le ministre Olivier Véran au mois d’avril. En êtes-vous satisfait ?  

Dr Olivier Mermet : Bien sûr, les efforts se poursuivent. Depuis 1999, il y a déjà eu quatre plans. Ils ont permis notamment d’insister sur la formation des professionnels, la diffusion de bonnes pratiques, de commencer des campagnes d’information des citoyens sur l’expression de leurs volontés. Des structures ont aussi émergé : le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, la Plateforme nationale de la recherche. Tout cela, ce sont des réussites des plans antérieurs. Mais, le fait que le Gouvernement se rende compte, à travers ce nouveau plan, que les situations palliatives vont être de plus en plus nombreuses dans les années à venir, c’est important. On estime qu’on attend 100.000 décès de plus par an dans la population d’ici une vingtaine d’années, avec surtout des situations qui deviennent de plus en plus complexes, avec de plus en plus de polypathologie, un vieillissement de la population.  

 

Quelle sera la place de la médecine de ville dans ce nouveau plan ? 

C’est vrai que la médecine de ville était un peu transparente dans les plans précédents. On n’a pas beaucoup d’indicateurs qui permettent de voir l’accès aux soins palliatifs hors du milieu hospitalier. Il y a donc, d’abord, une volonté de valoriser le travail coordonné qui se fait dans les équipes de soins primaires actuellement, notamment dans les centres ou maisons de santé, mais aussi dans les CPTS. Toutes ces équipes-là réfléchissent sur les situations dites “complexes”, notamment sur les situations palliatives. Il y a des protocoles réalisés dans ces structures pour mieux les prendre en charge, pour que les professionnels réfléchissent en amont afin d’anticiper une aggravation de l’état de la personne, et puis surtout anticiper les besoins au domicile pour, par exemple, essayer de garder le plus longtemps un patient chez lui.  

 

Comment le travail des professionnels de la ville pourrait-il être valorisé ? 

On va réfléchir, avec la Cnam notamment, à une valorisation des actes d’anticipation. L’anticipation, c’est quelque chose d’important pour les soins palliatifs. Cela pourra concerner plusieurs choses, que ce soit une aide à la rédaction des directives anticipées, ou tout simplement une discussion anticipée avec les patients sur l’éventuelle situation palliative qui peut amener à la rédaction de directives anticipées. Plusieurs pistes existent car tout le monde ne travaille pas dans une structure coordonnée et il faut penser à tous les professionnels : certains actes pourraient être créés, par exemple une consultation dédiée à l’anticipation en soins palliatifs. Et puis, il peut aussi y avoir une rémunération forfaitaire des équipes de soins qui s’organisent pour travailler de manière coordonnée. Il y a des protocoles qui peuvent être rédigés par ces structures qui permettent de rémunérer les professionnels pour des réunions de coordination par exemple. C’est vrai que, quand on veut faire une démarche collégiale en ville, ou tout bêtement une réunion de coordination pour parler d’un patient et anticiper ses besoins si un jour son état venait à se dégrader, actuellement les soignants ne peuvent pas se faire rémunérer. Mais une forfaitisation permettrait de bien montrer que ces actes réflexifs font partie de façon pleine et entière d’une prise en charge palliative de qualité. 

 

Les médecins en Ehpad sont particulièrement concernés par les problématiques de fin de vie. En quoi ce plan va-t-il permettre de soulager leur activité ?  

Il va y avoir des liens plus forts entre les HAD et les Ehpad, avec des possibilités de pré-admission des patients en Ehpad. C’est-à-dire qu’un patient, dont on sait que l’état pourrait se dégrader, va pouvoir être évalué en amont...

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