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 Les acteurs de la crise du Covid dans le Grand Est pointent les lourdeurs de l'Etat

Élus locaux, préfète et ancien directeur de l'ARS du Grand Est ont témoigné des difficultés rencontrées face à la pandémie de Covid-19 et ont dénoncé des problèmes de pilotages lors de leur audition par la commission d’enquête du Sénat.

Devant la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de la crise du coronavirus, le médecin urgentiste et président du conseil régional du Grand Est Jean Rottner est revenu sur la situation de sa région, l’une des plus durement touchée par l’épidémie. “Sur les Ehpad, je pense qu'on a eu un temps de retard inqualifiable. On est passés à côté, tous", a-t-il déploré. "Faisons confiance aux président de conseils départementaux sur ces sujets!", a-t-il également plaidé, estimant que "le président de l'ARS” devait “être un élu du territoire".

"On a attendu pendant des semaines la validation de tests sérologiques qui étaient d'ailleurs réalisés chez nous. Ce n'est plus possible, ce n'est pas un pays moderne", a  pointé l’élu,, relevant "beaucoup de lourdeurs" dans la gestion de cette crise. L'ancien directeur de l'ARS Grand Est, limogé début avril, Christophe Lannelongue, a pour sa part déploré 9 juillet devant la commission un pilotage "trop uniforme", qui ne prenait pas assez en compte la situation spécifique du Haut-Rhin, où l'épidémie a flambé dès début mars.

"Nous avons commencé à alerter sur les masques mi-février, le 17. C'est un signalement sur la pénurie à venir qui est resté sans réponse", a-t-il souligné, tout en reconnaissant que les demandes ponctuelles de matériel, notamment pour l'hôpital de Mulhouse, en première ligne, avaient été satisfaites. Pour la préfète du Grand Est Josiane Chevalier, "la difficulté est peut-être venue du fait que le pilotage se faisait au sein d'une cellule sanitaire", avant de passer à une gestion interministérielle. "Les ARS ne sont pas faites pour ces métiers logistiques. Il ne fallait pas leur confier la gestion des masques", a noté la représentante de l'Etat, qui a aussi mis en avant des difficultés à travailler avec Santé Publique France.

"Les ARS ont beaucoup de qualités mais ne sont pas formées à l'opérationnel", a abondé Brigitte Klinkert, nouvelle ministre déléguée à l'Insertion, entendue sous la casquette de présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin. Cette dernière, comme le Dr Rottner ont souligné avoir pris des initiatives avant d'avoir reçu des directives, pratiqué le "système D" face à cette crise inédite. 

[avec AFP]

 

 

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