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22ème Cplf - Microbiote bronchique : beaucoup d’études, pas encore d’applications cliniques

Des modifications du microbiote pourraient favoriser certaines réactions inflammatoires dans des maladies comme la BPCO.  

 

On a longtemps pensé que les poumons étaient dépourvus de germe. "On sait aujourd’hui qu’un microbiote pulmonaire existe à l’état normal, mais qu’il a une très faible densité bactérienne", a expliqué le Dr Geneviève Hery-Arnaud, bactériologiste au Chru de Brest. "Ce faible nombre de bactéries est compensé par une importante biodiversité, qui semble être un biomarqueur de la santé respiratoire, car elle diminue chez les fumeurs, et les patients avec une Bpco". Quatre profils bactériens principaux sont retrouvés : des Actinobactéries, des Bacteroïdetes, des Firmicutes, et des Protéobactéries ; les anaérobies composent la moitié de ce microbiote.  

Certains travaux suggèrent que des modifications de ce microbiote pourraient déclencher une inflammation. Ce qui pourrait jouer un rôle dans les exacerbations d’asthme et de Bpco. Ainsi, le transfert de microbiote bronchique de souris ayant développé une Bpco, après injection de lipopolysaccharide, confère aux animaux receveurs un phénotype hyper-inflammatoire. Cependant, l’étude des relations entre colonisation bactérienne du nasopharynx et développement d’un asthme est complexe à analyser. "Une association avec les protéobactéries a certes été décrite. Mais, elle n’est pas spécifique car également retrouvée dans la Bpco, les pneumonies et bronchiolites", a reconnu le Pr Érika von Mutius (Université de Munich, Allemagne).

 

Intérêt potentiel des stéroïdes et des antibiotiques

 

Peut-on espérer améliorer certaines maladies pulmonaires demain en agissant sur le microbiote ? "On en est loin", a estimé le Pr Pierre-Régis Burgel (Hôpital Cochin, Paris). "Car si quelques études de modulation du microbiote par les stéroïdes, ou les antibiotiques ont été lancées, on dispose de très peu de données chez l’homme sur la possibilité de stratifier les traitements en fonction du microbiote".

"Les différents essais menés jusqu’ici ont donné des résultats très divergents. Et, il sera difficile de mettre au point un traitement standard, efficace chez tout le monde, notamment parce la composition du microbiote diffère fortement d’un individu à l’autre", a lui aussi admis Pr Anh Tuan Dinh-Xuan (Hôpital Cochin, Paris).  "En réalité, chez un même individu, le microbiote peut même fortement varier d’une zone du poumon à l’autre, ainsi que l’a montré l’analyse d’un lobe pulmonaire ôté chez un enfant mucoviscidosique", a signalé le Pr Burgel.

Sources : 

 22e Congrès de pneumologie de langue française (Lyon, 26- 28 janvier).

D’après les communications de : G. Hery-Arnaud (Brest), E. von Mutius (Münich, Allemagne), P. Burgel (Paris), AT Dinh-Xuan (Paris).

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