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Interdiction de l’additif E171 en janvier 2020

Le dioxyde de titane (TiO2), cet additif que l’on retrouve dans de nombreuses denrées alimentaires sous l’appellation de E171, sera finalement interdit au 1er janvier 2020.

Cette décision intervient deux jours après la publication des travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), qui concluaient à une absence de données suffisantes pour lever le doute sur son innocuité. C’est donc le principe de précaution qui a primé. D’autant que cet additif n’a aucune valeur nutritionnelle puisqu’il sert principalement de colorant dans les confiseries, desserts et crèmes glacés, biscuits, tablettes de chocolat…. "Un arrêté suspendant la mise sur le marché des denrées alimentaires contenant l’additif E171 à partir du 1er janvier 2020 a été signé et sera publié dans les meilleurs délais", précise un communiqué du ministère de la Transition écologique et solidaire.

Le ministère ajoute que, selon l’avis de l’Anses, "l’évaluation des risques liés à l’emploi de cet additif souffre toujours d’un manque de données que les metteurs sur le marché et fabricants de cet additif auraient dû fournir, ce qui ne permet pas de répondre aux recommandations formulées par les agences d’évaluations et de lever les incertitudes résiduelles pour garantir la sécurité de l’utilisation de cet additif".

L’Anses avait été saisie, en février 2019, par les ministres chargés de l’Economie, de la Santé, de l’Agriculture et de l’Environnement, afin d’analyser les dernières connaissances sur le sujet. Les 25 études les plus récentes parues sur l’E171 ont donc été analysées. Il en est ressorti la mise en évidence de "nouveaux signaux" tels que la modification de mécanismes biologiques cellulaires chez la souris ou des anomalies du développement chez des invertébrés. Par ailleurs, des effets génotoxiques in vitro via le stress oxydant ont été identifiés pour différentes formes de TiO2 nano-particulaire, dont le E171. En revanche, "aucune de ces nouvelles études ne permet de confirmer ou d’infirmer le potentiel effet promoteur de la cancérogénèse du E171 rapporté dans l’étude Nanogut", affirme l’Anses. Cette étude rendue publique en 2016 (Bettini et al. Sci Rep. 2017, 7:40373) mettait en évidence des effets cancérogènes potentiels chez le rat, que l’Anses avait déjà jugé nécessaire d’approfondir. Enfin, concernant les risques sur la reproduction, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait souligné, en 2016, que les données concernant la toxicité pour la reproduction étaient insuffisantes pour fixer la dose journalière admissible (DJA) et la quantité maximale dans les aliments sans risque pour la santé des consommateurs.

Les analyses récentes n’ayant pas permis de faire avancer les connaissances sur ces différents points, l’Anses a préconisé le développement de nouvelles recherches pour bénéficier de données toxicologiques complémentaires, et a renouvelé ses recommandations générales sur les nanomatériaux visant notamment "à limiter l’exposition des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement, en favorisant des alternatives sûres et équivalentes en termes d’efficacité".

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