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L’Académie de pharmacie dénonce la dangerosité de certains compléments alimentaires

L’Académie de pharmacie a décidé de faire le ménage parmi les compléments alimentaires. Ces substances sont, selon la directive européenne datée du 10 juin 2002,"des denrées alimentaires, dont le but est de compléter le régime alimentaire normal", "constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances", "ont un effet nutritionnel ou physiologique", et "sont commercialisés sous forme de doses, […] destinées à être prises en unités mesurées de faible quantité". Les compléments autorisés en France sont inscrits sur une liste publiée en 2014 dans le cadre d’un arrêté émanant du ministère de l’économie. Elle comprend 540 espèces végétales (autres que les champignons) utilisables pour les compléments alimentaires. 

 

L’autorisation  des produits dépend de la répression des fraudes (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, DGCCRF), bien loin du processus d’étude et d’autorisation de mise sur le marché des médicaments et produits de santé. Or l’Académie considère que certains de ces compléments alimentaires figurant sur cette liste ne correspondent pas à cette définition, car, d’une part, ils n’ont jamais été utilisés en tant qu’aliment, et d’autre part, ils présentent "une activité pharmacologique reconnue". Certains produits pourraient ainsi "comporter des risque pour la santé" estiment les académiciens dans un rapport sur ce sujet qui vient d’être rendu public.

Les auteurs attirent en particulier l’attention sur les compléments alimentaires contenant des plantes à hétérosides hydroxyanthracéténiques (CAHH). Il s’agit de plantes diverses : aloès (suc), bourdaine (écorce), cascara (écorce), rhubarbes (racines) et séné (fruit, foliole), qui sont des plantes médicinales laxatives stimulantes. S’y ajoutent le cassier (canéfier ; « pulpe » du fruit) et le nerprun, qui contiennent ces composés en moindre quantité, mais dont des préparations spécifiques peuvent générer des apports importants. Pour l’Académie, les CAHH semblent "particulièrement à risque, en raison de leurs effets secondaires, des conditions usuelles de leur emploi, mais également de l’existence d’une allégation-santé retenue par l’Efsa, mais non encore entérinée en droit européen". Ainsi, cette phytothérapie est reconnue comme médicament par les autorités de santé nationales et internationales du fait de ses propriétés laxatives stimulantes, une activité pharmacologique qui "explique que ces plantes n’aient jamais été utilisées dans l’alimentation", précise le rapport.

 

Un risque de "maladie des laxatifs"

 

Cette action est puissante entrainant une irritation de la muqueuse intestinale et une perte d’électrolytes. Leur rapport bénéfice-risque a été jugé défavorable chez l’enfant, et ces produits ont des contre-indications (colopathies, déshydratation, …), des interactions médicamenteuses (liées au risque d’hypokaliémie), et des effets secondaires marqués. En particulier, en plus des risques de...

Sources : 

Rapport de ‘Académie nationale de pharmacie du 12 décembre 2018. Avec AFP

https://www.acadpharm.org/dos_public/Rapport_CAHH_21.01.2019_VF.pdf

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