Cirrhose virale C guérie : une surveillance rapprochée reste indispensable

20/11/2018 Par Marielle Ammouche
Hépato-gastro-entérologie

Alors que les nouveaux traitements anti-VHC ont révolutionné la prise en charge des patients, assurant une guérison virologique dans près de 100% des cas, une équipe de chercheurs français (Hôpital Jean Verdier, Bondy, 93, AP-HP) s’est intéressée à l’évolution du risque de carcinome hépato-cellulaire (CHC) chez les sujets cirrhotiques. En effet certaines données ont suggéré que ce risque diminuait en cas d’éradication virologique, mais que, paradoxalement, on constatait parfois une augmentation du taux de cancers hépatiques.

Pour y voir plus clair, les chercheurs ont analysé les données de l’étude Anrs CO12 CirVir. Ainsi, entre mars 2006 et décembre 2012, 1 353 patients présentant une cirrhose non compliquée due au VHC, ont été inclus dans 39 centres français. Tous les patients ont été inscrits dans des programmes de dépistage du CHC et ont bénéficié d’une échographie du foie tous les 6 mois. Les patients ont été suivis jusqu’en décembre 2016, ce qui permet l’analyse avec un recul médian de plus de 5 ans. Les chercheurs ont pu analyser l’incidence du CHC au cours des deux ères thérapeutiques successives : avec le traitement par interféron (avant 2014), et avec le traitement par antiviraux direct (AVD, après 2014). Les analyses ont tout d’abord confirmé que le risque de cancer du foie est fortement diminué après éradication virale quel que soit le type de traitement : il est divisé par un facteur 4 environ. Mais les auteurs soulignent cependant qu’il persiste néanmoins et que cela "justifie de maintenir dans des programmes de dépistage les patients avec cirrhose virale C guérie". En outre, le risque de cancer du foie sous AVD n’apparait pas augmenté par rapport à l’ère de l’interféron lorsqu’un certain nombre de facteurs confondants sont pris en compte dans les analyses. "Ces résultats sont d’autant plus rassurants qu’ils ont été observés dans une cohorte prospective multicentrique suivie sur le long terme, ce qui a permis la réalisation d’analyses statistiques complexes et exhaustives au cours de différentes ères thérapeutiques" confirme l’AP-HP.  

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