L’épilepsie, une complication du diabète ? | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

L’épilepsie, une complication du diabète ?

Une vaste étude britannique montre que la survenue d’une épilepsie est trois fois plus fréquente chez les sujets diabétiques de type 1, indépendamment des hypoglycémies.

Les relations entre diabète et épilepsie ne sont pas actuellement complètement connues. Des crises d’épilepsie inaugurales d’un diabète ont été décrites, et l’hypoglycémie peut entrainer des crises. Par ailleurs, de précédentes données ont suggéré que l’épilepsie est 2 à 3 fois plus fréquente chez les enfants diabétiques de type 1. Des chercheurs britanniques ont voulu en savoir plus. C’est pourquoi ils ont analysé les données de la cohorte britannique The Health Improvement Network, pour tenter d’en savoir plus dans ce domaine. Les patients inclus dans cette étude rétrospective avaient tous un diabète de type 1 récemment diagnostiqué. Et ils avaient moins de 40 ans. Aucun d’entre eux ne présentaient de signe d’épilepsie au moment du diagnostic. L’étude a été menée du 1er janvier 1990 au 15 septembre 2015. Au total, 24 610 ont donc pu être inclus dans cette étude (4922 patients diabétiques et 19 688 sujets contrôles). Le suivi moyen a été de 5,4 années.

Les auteurs de cette étude ont ainsi pu étudier les liens entre diabète et épilepsie. Au cours du suivi, 81 cas d’épilepsie sans rapport avec une hypoglycémie ont été recensés. Les analyses ont alors pu mettre en évidence que les patients diabétiques avaient un risque multiplié par 3 de développer une épilepsie, par rapport aux sujets contrôles (HR = 3.02 [1.95, 4.69]. L’incidence a été évalué à 132 pour 100 000 personnes-année, contre 44 dans le groupe des sujets non diabétiques. Les auteurs de cette étude ajoutent que la différence observée persistait après ajustement pour diverses variables confondantes (HR = 3.01 [1.93, 4.68]). En outre, l’ordre de grandeur restait le même lorsque l’on ne tenait compte que des patients ayant été diagnostiqués avant l’âge de 18 ans (Hr=3,44)

"Cette étude a quelques atouts pour valider la réalité d’une incidence plus élevée de la comitialité dans le DT1 : importance de la cohorte, diagnostic du DT1 précédant l’apparition des crises, indépendance vis-à-vis d’autres facteurs de la population, comparaison cas-témoin et traitement statistique robuste des données… Dès lors, se pose le problème du mécanisme de la comitialité", commente le Pr Jean-Louis Schlienger (Strasbourg), sur Diabeto.net.

Ce spécialiste évoque plusieurs hypothèses pour expliquer cette relation : facteurs génétiques ou auto-immuns communs, conséquences de lésions cérébrales liées à des anomalies métaboliques ? "La réponse à ces questions est importante pour mieux cerner les sujets à risque et proposer un traitement précoce, affirme-t-il. Il est sans doute prématuré d’affirmer que l’épilepsie est une nouvelle complication du DT1. En revanche, un accès de perte de connaissance ou de convulsion n’est pas à mettre systématiquement sur le compte d’une hypoglycémie en l’absence de preuve biologique et mérite une exploration neurologique et, peut-être, un traitement anti-comitial". 

Sources : 

Diabeto.net, 22 mars 2017. Diabetologia, février 2017

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…