Prévention cardiovasculaire : les avantages de la polypill dans les populations défavorisées | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

Prévention cardiovasculaire : les avantages de la polypill dans les populations défavorisées

Les personnes défavorisées sur le plan socio-économique et les minorités ethniques aux Etats-Unis ont des taux élevés de maladies cardiovasculaires. Dans ces populations, il pourrait être intéressant d’utiliser des comprimés combinés (appelés en anglais polypills) qui contiennent de faibles doses de médicaments (antihypertenseurs, hypolipémiants…) ayant des bénéfices prouvés sur la prévention des maladies cardiovasculaires, comme cela a déjà été démontré dans diverses populations.

Cependant, cette approche n’a jamais été testée dans des populations défavorisées, en particulier aux Etats-Unis, alors qu’on sait que ce sont des populations dans lesquelles l’adhérence à des soins basés sur les recommandations est généralement mauvaise.

Ceci a conduit une équipe américaine à mettre en place une étude randomisée, contrôlée, en prévention primaire, chez les patients n’ayant pas de pathologie cardiovasculaire connue. Les critères d’éligibilité pour entrer dans l’étude étaient une pression artérielle systolique entre 120 et 160 mmHg, un LDL cholestérol < 1.9 g/l et un taux de filtration glomérulaire d’au moins 60 ml/min/1.73 m2, une kaliémie normale, des transaminases inférieures à 3 fois la limite supérieure de la normale, l’absence de grossesse, l’absence de contre-indication à un des composants de la polypill et l’utilisation de moins de 2 antihypertenseurs. Les participants étaient assignés soit à un groupe recevant les comprimés combinés (polypill) ou une prise en charge habituelle dans un centre de santé qualifié dans l’Alabama. Le comprimé polypill contenait de l’atorvastatine à la dose de 10 mg, de l’amlodipine à la dose de 2.5 mg, du losartan à la dose de 25 mg et de l’hydrochloroythiazide à la dose de 12.5 mg. Les deux critères d’évaluation principaux étaient les variations de la pression artérielle systolique et du LDL cholestérol à 12 mois.

L’essai a porté sur 303 adultes dont 96 % étaient d’origine afro-américaine. Trois quarts des participants avaient un revenu annuel < 15 000 $. Le risque cardiovasculaire estimé à 10 ans était de 12.7% en moyenne, la pression artérielle basale en moyenne était de 140/83 mmHg et le cholestérol LDL basal moyen était de 1.13 g/l. Le coût mensuel du comprimé de polypill était de 26 $.

A 12 mois, l’adhérence au traitement par polypill était de 86 %. La pression artérielle systolique moyenne a diminué de 9 mmHg dans le groupe polypill et de 2 mmHg dans le groupe prise en charge habituelle (différence = -7 mmHg ; IC 95 % = -12 à – 2 ; p = 0.003). Le LDL cholestérol moyen a diminué 0.15 g/l dans le groupe polypill en comparaison de 0.04 g/l dans le groupe prise en charge habituelle, soit une différence de – 0.11 g/l (IC 95 % -0.18 à – 0.005 ; p < 0.001).

En conclusion, une stratégie de prévention basée sur un comprimé multiple produit une réduction supérieure de la pression artérielle systolique et du LDL cholestérol que ce qui est observé avec une prise en charge habituelle dans une population socio-économiquement défavorisée.

Sources : 
Munoz D. et al. Polypill for cardiovascular disease prevention in an underserved population. N Engl J Med 2019 ; 381 : 1114-1123.

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…