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Cancer du sein : le difficile retour à l’emploi

Plus d’une femme sur cinq ayant eu un cancer du sein ne reprend pas un travail, un an après la fin des traitements.

Alors que les progrès thérapeutiques font que la prise en charge du cancer du sien s’est améliorée avec une baisse de la mortalité, l’après-cancer reste problématique pour de nombreuses femmes, du fait de séquelles physiques et psychologiques importantes. S’il s’agit d’un phénomène souvent évoqué, une équipe de chercheurs français a souhaité l’approfondir en tentant de mieux comprendre les facteurs influençant le retour à l’emploi après un cancer du sein. « En se chronicisant, cette pathologie qui touche des femmes souvent encore en activité a rendu centrale la question du retour au travail qui est devenu un véritable enjeu sociétal, le non-retour au travail ayant un coût associé pour la collectivité aussi important que celui des traitements » précise Agnès Dumas, sociologue à l’Inserm, chercheuse associée à Gustave Roussy, et premier auteur d’une étude sur ce sujet.

Ces chercheurs se sont servis des données de la cohorte Canto (pour CANcer TOxicities). Au total, 1900 femmes âgées de moins de 57 ans ont été inclues.

Les résultats ont mis en avant, que 21% des femmes ne reprenaient pas le travail ; parmi elles, 74 % étaient en arrêt maladie, 9 % à la recherche d’un emploi et 17 % étaient dans une autre situation.

Plusieurs facteurs influençant la reprise de l’activité professionnelle ont été mis en évidence, aux premiers rangs desquels : la présence de symptômes dépressifs, puis le type de travail. Ainsi, les femmes ayant un travail manuel ont un risque de non-reprise très important ; et les patientes travaillant à temps partiel reprennent moins que celles travaillant à temps plein au moment du diagnostic.

Enfin, le type de traitement a également une influence notable. Ainsi, « les femmes ayant été traitées par chimiothérapie (sans distinction du type) associée à du trastuzumab avaient significativement moins repris une activité professionnelle un an après la fin des traitements » souligne un communiqué de presse. « Toutes choses égales par ailleurs, par exemple le même type de chirurgie ou la prise en compte des symptômes dépressifs, le fait d’avoir du trastuzumab augmente clairement le risque de ne pas retourner au travail. Nous n’avons pas encore trouvé d’explication satisfaisante à son rôle : ce médicament n’ayant pas une toxicité considérée comme sévère (grade 3 ou 4), il ne devrait pas avoir un tel impact sur l’emploi. Est-ce sa toxicité à long terme, même si elle est faible, la cause ? Est-ce la formulation par voie intraveineuse et son administration à l’hôpital sur une longue durée qui joue ? Nous sommes en train d’affiner les paramètres pour mieux comprendre » conclut Ines Vaz-Luis, oncologue à Gustave Roussy et co-auteur de l’article.

L’étude souligne aussi, pour la première fois, le rôle des toxicités sévères liées aux traitements les plus lourds (grade 3 ou supérieur). Les séquelles peuvent être cardiovasculaires, gynécologiques, gastro-intestinales, rhumatologiques, dermatologiques, pulmonaires ou encore neurologique. Elles influencent aussi négativement l’emploi, en particulier en cas de lésions du bras suite à la chirurgie.

 

Sources : 

Communiqué de Gustave Roussy/Unicancer/inserm/Sorbonne Université/Université Paris Sud, du 20 décembre 2019. Journal of clinical Oncology. 13 décembre 2019

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