Allaitement ou alimentation artificielle de l’enfant : quels effets métaboliques chez la femme après l’accouchement ?

01/09/2020 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
La production de lait par la mère induit une insulinorésistance transitoire dans les tissus non mammaires, contribuant à la redistribution des macronutriments maternels vers la glande mammaire pour subvenir à ces besoins en cas de lactation.

Une équipe américaine de Dallas a mesuré les réponses métaboliques du tissu adipeux et du foie à jeun et au cours d’un clamp euglycémique hyperinsulinémique à deux niveaux (10 et 20 mU/m2/min d’insuline) avec des isotopes stables chez des femmes à 6 semaines du post-partum et qui soit allaitaient (n = 12), soit nourrissaient leurs enfants de manière artificielle (n = 6). Les femmes avaient été appariées pour les caractéristiques basales (parité, composition corporelle, lipides intra-hépatiques). A jeun, les femmes allaitantes avaient une production endogène de glucose 2.6 supérieure et une lipolyse 2.3 fois supérieure à celle des femmes qui n’allaitaient pas. Au cours du clamp euglycémique hyperinsulinémique (destiné à reproduire ce qui se passait en post-prandial), les deux groupes avaient les mêmes taux de suppression de la production endogène de glucose et de lipolyse. Chez la femme allaitante, et uniquement chez celle-ci, des concentrations supérieures de prolactine étaient associées à des taux de suppression supérieurs de la lipolyse et à des taux inférieurs de lipides intra-hépatiques et de triacylglycérol plasmatique. Toutes ces données suggèrent qu’au cours de la lactation, les modifications du transport du glucose au niveau de l’organisme entier pourraient en fait varier d’un tissu à l’autre dans le but de faciliter la partition des nutriments au cours de la lactation. Les concentrations élevées de prolactine pourraient donc stimuler les tissus non mammaires afin de s’adapter aux futurs besoins métaboliques de la glande mammaire, d’une part au cours du jeûne et d’autre part au moment de l’alimentation, une captation supérieure du glucose non médiée par l’insuline et une captation supérieure des acides gras optimisant la fonction métabolique de la glande mammaire. La lactation favorise la production endogène de glucose et la lipolyse à l’état de jeûne afin de soutenir la lactogenèse. Au contraire, après avoir mangé, les taux élevés de prolactine tempèrent ces effets en supprimant la lipolyse lorsque les substrats d’origine alimentaire sont disponibles pour la production de lait. Tous ces éléments protègent le foie d’une accumulation de lipides et d’une hyperlipidémie, même chez les sujets obèses.

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2