FMC : 10 points clésDiabète de type 2 : surveillance et prévention des complications
Le diabète de type 2 représente 95 % de l’ensemble des cas de diabète. La plupart des patients sont suivis par le médecin généraliste, qui joue ainsi un rôle primordial dans le dépistage et la prévention des complications.
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01Point formation n°1
La rétinopathie diabétique touche un diabétique de type 2 sur deux et représente la première cause de cécité avant 65 ans en France. Elle reste très longtemps silencieuse, avec une perte de vision pouvant être irréversible quand elle est dépistée trop tard. L’examen du fond d’œil par dilatation, ou rétinophotos, est donc indispensable, tous les deux ans en cas de diabète bien contrôlé sous traitement oral et tous les ans en cas de diabète insulinotraité ou mal contrôlé.
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02
La néphropathie diabétique est une atteinte glomérulaire qui se manifeste initialement par une augmentation silencieuse de l’excrétion d’albumine urinaire (microalbuminurie), avant l’apparition d’une insuffisance rénale pouvant aller jusqu’à l’insuffisance rénale terminale. Il est nécessaire de surveiller de façon annuelle le taux de créatinine sanguine et le rapport albuminurie/créatinine urinaire. Des traitements néphroprotecteurs peuvent être mis en place dès le stade de microalbuminurie pathologique (IEC, ARA2, iSGLT2).
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03
La neuropathie diabétique touche essentiellement les fibres sensitives périphériques, elle peut être douloureuse (douleurs neuropathiques au niveau des pieds, à prédominance nocturne, parfois insomniantes) et/ou déficitaire (perte de sensibilité au niveau plantaire, troubles de l’équilibre). Le dépistage consiste en un examen podologique annuel avec réalisation d’un test au monofilament et gradation du risque podologique de 0 à 3. Des séances de pédicurie-podologie sont remboursées (de l à 8 séances par an selon le grade podologique). Des traitements spécifiques peuvent être prescrits en cas de neuropathie douloureuse invalidante (prégabaline, gabapentine, duloxétine, voire prise en charge spécialisée en centre antidouleur).
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04
Le dépistage de la cardiopathie ischémique fait débat et n’est pas recommandé de façon systématique en l’absence de symptomatologie angineuse. La réalisation d’un examen cardiologique avec ECG de repos reste recommandée, la fréquence (tous les l à 5 ans) restant à ajuster avec le cardiologue selon le niveau de risque cardiovasculaire global du patient.
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05
Le doppler des troncs supra-aortiques permet de dépister un athérome carotidien, qui pourrait nécessiter une intervention préventive et peut être réalisé au moment du diagnostic du diabète, puis de façon séquentielle (tous les l à 5 ans selon la présence d’anomalie ou non). Le doppler artériel des membres inférieurs ne doit pas être systématique, mais réalisé uniquement en cas de symptomatologie.
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06
Les recommandations sur la prise en charge de la dyslipidémie ont beaucoup évolué ces dernières années, et chez la plupart des patients diabétiques, le taux de LDL cible doit être inférieur à 0,70, voire à 0,55 g/l. Une prescription d’un traitement hypolipémiant (par statine, ou association statine-ézétimibe, avec une tolérance globalement bonne), si nécessaire, permet d’atteindre ces objectifs la plupart du temps.
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07
L’hypertension artérielle est associée au diabète dans 75 % des cas. Il est recommandé d’obtenir des valeurs comprises entre l30 et l40 mmHg pour la systolique et 80 et 90 mmHg pour la diastolique, et inférieures à l30/80 mmHg en cas d’albuminurie associée. Les classes médicamenteuses à privilégier restent les IEC ou les ARA2.
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08Point formation n°8
Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil est fréquent dans la population diabétique. Il est recommandé de réaliser un dépistage clinique annuel (recherche de somnolence diurne, ronflements, nycturie, céphalées matinales...) et de le confirmer par la réalisation d’une polygraphie ventilatoire au moindre doute. La correction du syndrome par mise en place d’orthèses mandibulaires ou d’une ventilation nocturne par pression positive a de nets bénéfices cliniques démontrés.
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09
Le tabagisme est particulièrement néfaste chez les patients diabétiques.
Le sevrage est recommandé dans tous les cas, si besoin avec l’aide de substituts nicotiniques ou d’une prise en charge en tabacologie. -
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La stéatose hépatique est deux fois plus fréquente chez le diabétique que dans la population générale et peut évoluer dans l0 % des cas vers la cirrhose. La surveillance du bilan hépatique est recommandée au moins une fois par an, avec réalisation d’une échographie hépatique en cas de perturbation, à contrôler de façon annuelle en cas de stéatose confirmée. Le patient sera orienté vers un spécialiste en cas de signe de dysmorphie hépatique. Le traitement de la stéatose repose sur les règles hygiéno-diététiques. Les analogues du GLP-l ont également montré un bénéfice dans sa prise en charge.
Références :
- HAS. Recommandation de bonne pratique. 6 juin 2024.
- sfendocrino.org
- Bouillet B, et al. Management of dyslipidemias in adults. Annales d’endocrinologie 2026;87(Issue 1):102471.
- Marx N. 2023 ESC Guidelines for the management of cardiovascular disease in patients with diabetes. European Heart Journal 2023;44(Issue 39),4043-140.
Le Dre Hélène Wucher déclare ne pas avoir de lien d’intérêts concernant les données de cet article.