Mort d’un détenu : une médecin poursuivie pour homicide involontaire

06/03/2023 Par Pauline Machard
Faits divers / Justice
En 2019, un détenu n’aurait été évacué à l’hôpital que 18 heures après l’apparition des premiers symptômes d’un AVC. La praticienne qui, à la maison d’arrêt, n’avait diagnostiqué qu’un malaise vagal, est mise en cause.
 

22 juillet 2019 : un détenu décède à l’hôpital sud d’Amiens. L’enquête, ouverte pour recherche des causes de la mort, débouche sur un classement sans suite. L’affaire aurait pu en rester là. Mais c’était sans compter sur le dépôt d’une plainte par l’épouse du défunt un mois plus tard, sur recommandation de ses avocats, relate Le Courrier Picard. Celle-ci aurait eu connaissance d’un problème de prise en charge non pas à l’hôpital, mais à la maison d’arrêt, où l’homme de 52 ans était incarcéré. Selon une recomposition de la chronologie rapportée par le quotidien, qui fait suite aux investigations, l’homme se serait plaint dès le 8 juillet 2019, très tôt, de violents maux de tête. Dans la matinée, avisée d’un malaise, une infirmière serait venue au chevet du quinquagénaire, et aurait relevé sa difficulté à parler, une paralysie partielle du côté droit, du visage et de la jambe. Puis le détenu aurait été ausculté – alors que sa paralysie faciale avait disparu –, par une médecin.

Cette praticienne, explique le quotidien, qui dira ne pas se souvenir que l’infirmière lui ait mentionné la paralysie, a alors conclu à un malaise vagal suite à une gastro-entérite, et le détenu est vite retourné en cellule. Dans la nuit du 9, devant la dégradation de l’état de santé de l’homme, les codétenus appellent les surveillants. Le quinquagénaire souffrant est évacué à l’hôpital sud d’Amiens. Mais 18 heures sont passées depuis l’apparition des premiers symptômes d’AVC. Il décédera le 22 juillet. Le détenu a-t-il été évacué trop tard en raison d’une erreur de diagnostic ? C’est cette question qui sera au cœur du procès de la praticienne hospitalière de 32 ans qui a posé le diagnostic de malaise vagal à la maison d’arrêt. Elle sera jugée pour homicide involontaire.   [Avec Le Courrier Picard]  

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