Erreur de diagnostic : une généraliste condamnée après la mort d'une adolescente

25/03/2021 Par Aveline Marques
Faits divers / Justice
Médecin généraliste à Limoux, une praticienne de 55 ans a été condamnée par le tribunal de Carcassonne (Aude) à six mois de prison avec sursis pour homicide involontaire. Il lui a été reproché de ne pas avoir pratiqué un examen clinique dans les règles de l'art sur cette adolescente, décédée d'une septicémie au lendemain de la consultation.
 

Le 3 décembre 2012, c'est une jeune fille "livide" et "incapable de marcher seule" qui entre, soutenue par sa mère, dans le cabinet de cette généraliste de Limoux. Après avoir souffert durant une semaine de vomissements, l'adolescente de 16 ans se plaint de douleurs au dos. La généraliste, qui l'examine en position debout puis assise, diagnostique une simple gastro-entérite. Mais le lendemain après-midi, l'état de la jeune fille se dégrade et elle décède : septicémie consécutive à l'éclatement d'un abcès sur l'appendice et à une péritonite récente, conclut l'autopsie. En mai 2013, suite à la plainte du père de la jeune fille, une information judiciaire est ouverte et une expertise pointe un examen médical "pas suffisamment poussé au cabinet du médecin généraliste, ayant entrainé une erreur de diagnostic". Une contre-expertise enfonce le clou, jugeant l'"examen non conforme aux règles" : "il fallait que la palpation abdominale soit faite en position allongée, et non assise ou debout".

"Je ne l'ai pas fait s'allonger en raison de ses douleurs au dos, s'est justifiée la généraliste lors de l'audience, en janvier dernier. Elle n'avait aucune difficulté respiratoire, et rien ne pouvait m'orienter vers une infection. Après la consultation, elle allait mieux. Je ne l'ai en rien négligée et personne n'a noté de signes d'inquiétudes par la suite." Le tribunal a rendu son verdict mercredi 24 mars : 6 mois de prison entièrement assortis d’un sursis simple pour le médecin. La praticienne devra en outre verser 30 000 € à chacun des parents de la victime, ainsi que 20 000 € pour le préjudice de la perte d’un enfant, et un peu plus de 8000 € pour les frais funéraires. [avec LaDepêche.fr]

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