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Ces diabétiques qui ont fait l'Histoire

Quel est le point commun entre Louis XIV, Georges Clémenceau, le général de Gaulle et Liz Taylor ? Ils souffraient tous de diabète. Archéologue dans l'âme, le Dr Françoise Guillon-Metz, endocrinologue-diabétologue qui a exercé durant 30 ans au CHU de Caen, a remonté le temps à la recherche de cas cliniques plus ou moins connus, retraçant ainsi l'histoire de cette vieille pathologie. Une façon de montrer aux patients d'aujourd'hui, pour qui la maladie reste "honteuse", que certains diabétiques "ont bien réussi dans la vie". Morceaux choisis de son ouvrage, Les Grands diabétiques de l'histoire, paru aux Ed. Zinedi.

 

La reine Hatshepsout

Georges Clemenceau

Nasser 

Trois questions au Dr Françoise Guillon-Metz

 

 

La reine Hatshepsout - Nouvel Empire, XVIIIe dynastie, vers 1495-vers 1445 av. J.-C.

De l’union du pharaon Thoutmôsis Ier et de la grande épouse royale Ahmès naît celle que l’on appellera Hatshepsout. À sa naissance, les dieux transmettent santé, richesse, force, bonheur à la reine. Ce mythe est également raconté sur son temple funéraire de Deir el-Bahari (4-51). Mais à la mort du pharaon, Ahmès ne lui a donné aucun héritier masculin. C’est la raison pour laquelle un fils, né de l’union avec une épouse secondaire, monte sur le trône et prend le nom de Thoutmôsis II. Pour légitimer cette prise de pouvoir, ce dernier doit épouser sa demi-sœur Hatshepsout, fille du couple royal officiel. Malheureusement, il décède très jeune, probablement avant d’atteindre 30 ans.

Durant ce règne très court, Hatshepsout ne lui donne pas d’héritier masculin, juste une fille prénommée Néférourê ce qui est déjà notable, compte tenu de la consanguinité des parents. C’est donc l’enfant conçu avec une épouse secondaire, Isis ou Eset, qui accède au trône : Thoutmôsis III. Il est donc par extension le neveu d’Hatshepsout. Cependant, après le décès de son père, le jeune Thoutmôsis III ne peut encore gouverner, c’est donc Hatshepsout qui, légitimement, assure la régence, en attendant que son neveu soit en âge d’assumer les fonctions royales (4-51).

L’Égypte tout entière lui reconnaît ses qualités pour gouverner le pays qu’elle administre avec l’aide de son fidèle conseiller Sénènmout. Si, officiellement reconnu comme fils de Râ, Thoutmôsis III la fait écarter du trône, son autorité reste entre parenthèses. Sa tante détient tous les pouvoirs ; lui-même se contentant des cérémonies royales. C’est ainsi qu’après quelques années de régence environ cinq ans , grâce au très puissant culte de Râ, Hatshepsout se fait couronner pharaon, elle devient le cinquième souverain de la XVIIIe dynastie. Cette histoire est relatée dans les fragments du temple d’Aménophis III à Louxor. Il est dit que Hatshepsout est la fille d’Amon-Râ, mêlé à Thoutmôsis Ier et à la reine d’Égypte Ahmès. Amon-Râ aurait déclaré : « Elle s’appellera Hatshepsout et elle régnera sur l’Égypte entière, et je lui donnerai ma gloire, mon autorité, ma couronne, et ma divine protection.»

Très vite, Hatchepsout se débarrasse de ses attributs de reine et d’épouse royale pour les remplacer par le nemes et la barbe postiche du pharaon. Les symboles forts de la royauté égyptienne accroissent sa légitimité auprès du peuple. C’est la raison pour laquelle elle se fait souvent représenter avec ses attributs d’homme. Son règne est placé sous le signe de la paix, elle préfère développer le commerce plutôt que la guerre. Les États voisins restent soumis, la prospérité s’installe. Hatshepsout se distingua de ses prédécesseurs par son intelligence, sa perspicacité, sa fougue, son dynamisme. Elle réussit à se maintenir au pouvoir pendant une quinzaine d’années, sans compter les cinq années de régence. Durant cette période, un de ses objectifs est probablement d’embellir l’Égypte tout entière. On lui reconnaît, en effet, de nombreux travaux de restauration de monuments bâtis par ses prédécesseurs, souvent détruits par les Hyksôs. Le temple de Karnak est agrandi, magnifié, notamment par l’ajout d’obélisques. Elle fait aussi construire l’île Éléphantine près d’Assouan, deux obélisques et un temple en l’honneur du dieu Khnoum. La plus magnifique des réalisations reste son temple funéraire de Deir el-Bahari, que les Égyptiens nomment « le Sublime des Sublimes » ou « le Magnifique des Magnifiques ».

Le règne incontesté de la sublime « Dame du Nil » s’achève vingt-deux ans après son accession à la régence du royaume, Thoutmôsis III prend enfin la suite. On ne connaît pas exacte-ment la cause exacte de sa mort. Il est possible que son neveu, jaloux, ait décidé de l’assassiner pour prendre le pouvoir. Elle peut aussi être morte de sa belle mort. Le règne d’Hatshepsout est considéré comme l’un des plus marquants de la XVIIIe dynastie. Le 27 juin 2007, avant le printemps arabe, le très célèbre et sourcilleux Zahi Hawass, secrétaire général des antiquités égyptiennes au Caire, a annoncé : « La momie de la reine Hatshepsout a été enfin retrouvée. » L’histoire commence en 1903, lorsqu’on a découvert deux momies dans la tombe KW60 (vallée des Rois). L’une est clai-rement identifiée comme étant la nourrice de la grande reine Hatshepsout. Posée à côté de celle-ci, à même le sol, la momie d’une femme obèse gît, soulevant de nombreuses interrogations parmi la communauté égyptienne.

Ce n’est qu’environ un siècle plus tard que l’énigme est résolue, à partir d’une dent contenue dans un vase canope portant le cartouche de la reine, l’identification étant rendue possible. D’après Zahi Hawass, il manque une dent à la seconde momie de la tombe KW60. Les analyses ADN sont réalisées pour retrouver le lien de parenté entre la femme obèse et Néfertari...

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